Zimbabwe : plusieurs syndicalistes arrêtés en marge d’une manifestation

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La police zimbabwéenne a arrêté jeudi 11 octobre plusieurs dirigeants syndicaux qui avaient appelé à une journée de manifestations nationale contre une aggravation spectaculaire de la crise économique. Les rassemblements sont interdits dans le pays en raison d’une épidémie de choléra qui a fait au moins 49 morts depuis septembre.


« Je confirme l’arrestation du président de la Fédération des syndicats du Zimbabwe (ZCTU) Peter Mutasa et de son secrétaire général Japhet Moyo à leurs bureaux », a déclaré à le porte-parole des Avocats zimbabwéens des droits de l’Homme, Kumbirai Mafunda.

Des « dizaines » d’autres syndicalistes ont également été interpellés à Harare, Masvingo (sud) et Mutare (est), a-t-il ajouté, se disant « inquiet de l’arrestation de citoyens qui exerçaient leur droit constitutionnel ».

La police a procédé à l’interpellation des responsables de la ZCTU alors qu’ils venaient de s’adresser à leurs sympathisants, devant le siège de la fédération, à Harare.

Quelques minutes avant, Peter Mutasa déclarait aux journalistes vouloir « manifester pacifiquement contre les épreuves » endurées par le peuple zimbabwéen.

La police, équipée de matraques, d’armes à feu et de gaz lacrymogène, était déployée en masse dans la capitale, où les rassemblements sont interdits en raison d’une épidémie de choléra qui a fait au moins 49 morts depuis septembre.

À Bulawayo, deuxième ville du pays et bastion de l’opposition, la police avait érigé des barrages sur les principaux axes conduisant au centre-ville.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le bureau régional de la ZCTU, où le responsable régional de la fédération, Ambrose Sibanda, leur a demandé de se disperser en attendant une nouvelle date pour manifester.

L’appel à protester a tourné court

La fédération entendait protester contre la flambée des prix, l’introduction d’un nouvel impôt sur les transactions électroniques et les pénuries de biens de consommation courante comme le carburant, l’huile, le riz ou les médicaments.

La situation économique, déjà très tendue au Zimbabwe, s’est brusquement détériorée ces derniers jours, après l’annonce de l’introduction d’une taxe de 2% sur toutes les transactions électroniques, très prisées des Zimbabwéens en l’absence du manque criant de liquidités.

Faute de devises étrangères, des restaurants et pharmacies ont dû fermer temporairement, le carburant est rationné, comme certaines denrées dans les supermarchés, rappelant la crise de 2008 quand Robert Mugabe était au pouvoir.

Le nouveau président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en novembre à Robert Mugabe, a promis de relancer l’économie moribonde de son pays.

En 2009, en raison d’une inflation galopante, le Zimbabwe avait été contraint d’abandonner sa devise, le dollar zimbabwéen, au profit du dollar américain.

Mais cette solution a montré ses limites. En 2016, devant la fuite des billets verts, le gouvernement a introduit des « bonds notes », sortes d’obligations, d’une valeur identique au dollar américain. Là encore, l’opération a échoué.

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