Zimbabwe: Mugabe n’aura pas à s’expliquer sur la disparition des revenus miniers

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Par RFI

L’ex-président Robert Mugabe n’aura pas à témoigner devant le Parlement (photo d'illustration).
© REUTERS/Mike Hutchings/File Photo

L’ex-président Robert Mugabe n’aura pas à témoigner devant le Parlement. L’ex-homme fort du pays a été convoqué à plusieurs reprises pour s’expliquer sur la disparition de revenus diamantifères sous son règne. Mais il ne s’est jamais présenté. Il y a deux ans, celui-ci avait affirmé que plus de 15 milliards de dollars de revenus provenant de la vente de diamant avaient disparu. Et il semblerait qu’aujourd’hui Mugabe soit tiré d’affaire.

Par trois fois la commission parlementaire en charge des mines a tenté d’obtenir des explications de Robert Mugabe au sujet des 15 milliards de dollars de revenus qui auraient disparu. Et à chaque fois l’ex-chef de l’État a ignoré la convocation.

Lundi, le responsable de la commission a annoncé, après consultation avec le président du Parlement, que Robert Mugabe n’aurait pas à venir témoigner. Sans donner plus d’explication.

Pour l’analyste politique Ricky Mukonza, ce n’est pas une surprise. Certains hauts responsables du parti au pouvoir n’ont aucun intérêt à ce que Mugabe parle.

« Il y a beaucoup d’opacité autour de ces revenus miniers. On sait juste que l’armée était censée contrôler ce secteur et les noms de plusieurs ministres ont été évoqués. Aussi bien, ceux à la tête de l’État aujourd’hui sont impliqués. Et si Mugabe devait parler, il pourrait en profiter pour dire des choses qui pourraient être compromettantes pour ceux au pouvoir. »

Ricky Mukonza ajoute que ce revirement n’est pas de bon augure. Le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa a suscité beaucoup d’espoir de changements. Mais selon lui, cette décision montre que le nouveau régime n’est pas prêt à rompre avec le passé.

« Les membres du gouvernement parlent de transparence et de responsabilité, mais ils ne sont pas prêts à en payer le prix. Cette affaire était une vraie opportunité pour le nouveau gouvernement de montrer aux Zimbabwéens et à la communauté internationale qu’il était prêt à changer et à diriger avec plus de transparence. Mais cette opportunité a été clairement ratée. C’est pour cela que je ne considère pas ce régime comme un nouveau gouvernement. »

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