Zimbabwe : le paradoxe Mnangagwa

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L’ancien exécuteur des basses œuvres de Robert Mugabe, qui a échappé à une tentative d’assassinat le 23 juin, a réussi le tour de force d’incarner le renouveau. Et a de grandes chances d’être élu fin juillet.


Emmerson Mnangagwa a la baraka. Le 23 juin, il tenait meeting à Bulawayo en vue des élections générales du 30 juillet. Une grenade explose. Deux morts. Lui en sort indemne. Adolescent, le combattant anticolonialiste avait déjà failli perdre la vie : en 1965, le saboteur de train n’avait échappé à la peine de mort que grâce à son jeune âge. En août 2017, il est empoisonné avec une glace. Les médecins sud-africains qui l’ont sauvé ont dit de lui qu’il était miraculé. En novembre de la même année, des membres du service de sécurité de Robert Mugabe sont venus chez lui pour lui dire : « Monsieur le vice-président, nous appartenons à un groupe qui est chargé de vous éliminer. Vous devez partir maintenant. » Aussitôt, il a filé vers l’est avec deux de ses fils et a franchi la frontière mozambicaine à pied…

En privé, Emmerson Mnangagwa aime se comparer à Deng Xiaoping

Aujourd’hui, la menace ne vient plus du régime raciste de Ian Smith, mais de ses adversaires marxistes au sein du parti au pouvoir, la Zanu-PF. Sur la BBC, il vient de pointer un doigt accusateur en direction du G40 dans l’attentat du 23 juin. Or le G40 est la faction du parti qui, l’an dernier, a tenté de porter au pouvoir Grace Mugabe, l’ambitieuse épouse de Robert Mugabe. En privé, Emmerson Mnangagwa, l’ex-apprenti révolutionnaire de l’École militaire de Nankin, aime se comparer à Deng Xiaoping. Comme Deng vis-à-vis de Mao, il a été tour à tour le disciple et la victime de Mugabe. Comme Deng avec la veuve de Mao, il essaie de se débarrasser de l’épouse de Mugabe et d’ouvrir son pays au capitalisme.

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