Zimbabwe: la Zanu-PF en campagne électorale sur fond de déceptions

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Par RFI

Lancement officiel, le 4 mai 2018, de la campagne électorale de la Zanu-PF, parti au pouvoir, par le président Emmerson Mnangagwa, en vue des élections générales de juillet 2018.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Au Zimbabwe, le président Emmerson Mnangagwa, a lancé officiellement, vendredi 4 mai, la campagne de son parti, la Zanu-PF, en vue des élections générales – municipales, parlementaires et présidentielles – de juillet. Ce sont les premières élections, depuis la chute de Robert Mugabe qui a été poussé vers la sortie par une intervention de l’armée, à la mi-novembre, après près de quatre décennies au pouvoir. Sur place, cependant, le changement tant espéré tarde encore à venir.

Depuis quelques jours, le visage d’Emmerson Mnangagwa s’affiche, en grand, sur les immeubles du centre-ville d’Harare mais, près de six mois après la chute de Robert Mugabe, la Zanu-PF n’a pas réglé ses divisions. Les récentes primaires du parti ont été entachées de polémiques et de soupçons de fraude.

Le neveu du président, Tongai Mnangagwa, en lice pour un siège de député, se montre pourtant sûr de lui.

« Non, non, nous ne sommes pas divisés. Il y a quelques éléments dissidents au sein du parti mais nous allons les gérer. Cela ne va pas affecter notre campagne et nous allons gagner ces élections », affirme-t-il.

Malgré les promesses d’ouverture et de redressement économique, la situation reste difficile au Zimbabwe. La pénurie de liquidités est toujours très loin d’être résorbée dans le pays.

Alex, un jeune originaire du quartier populaire de Mbare, ne s’est pas inscrit sur les listes électorales.

« On travaille pendant trente jours, on espère avoir un salaire mais quand on se va à la banque, impossible de récupérer de l’argent liquide. Donc, on doit acheter du liquide. Oui, on espérait autre chose », dit-il, déçu.

Le président Emmerson Mnangagwa promet des élections « libres et justes » au Zimbabwe mais Duduzile Nyirongo, candidate indépendante pour un siège au conseil municipal d’Harare, ne cache pas ses doutes.

« Je ne pense pas que les militaires soient intervenus pour installer un nouveau président au pouvoir, juste pour qu'il reste quelques mois. C'est ce que je pense sincèrement », explique-t-elle.

Les élections générales au Zimbabwe doivent avoir lieu entre fin juillet et fin août mais aucune date officielle n’a encore été annoncée.

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