Tunisie : requiem pour un consensus

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Trois ans après le prix Nobel de la paix qui récompensait la médiation engagée avec succès par le Quartet, le compromis politique issu du dialogue national a volé en éclats. Et maintenant ?


En lieu et place d’une célébration officielle de l’anniversaire du prix Nobel de la Paix, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) lance cette année un mot d’ordre de grève générale. Le syndicat, membre du Quartet lauréat en 2015, appelle à une mobilisation dans le secteur public pour la fin du mois d’octobre.

L’ambiance était tout autre il y a trois ans, lors de la remise du prix. Le secrétaire général de l’époque, Houcine Abassi, se félicitait alors que les partis aient « réussi à faire primer l’intérêt du pays et du peuple sur les considérations personnelles étroites ». À l’unisson du président Beji Caïd Essebsi : « Ce n’est pas un hommage seulement au Quartet, [ce prix] consacre le chemin que nous avons choisi, celui de trouver des solutions consensuelles. »


>>> À lire – Le prix Nobel de la paix est décerné au Quartet du dialogue national tunisien


Le comité du Nobel ne disait pas autre chose, saluant le compromis engagé par l’UGTT – avec l’Utica (patronat), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre national des avocats – pour sortir le pays de la crise. Depuis, le consensus à la tunisienne est devenu un élément de langage censé démontrer que le pays faisait exception.

Sit-in et revendications

Été 2013. Des milliers de Tunisiens reprennent devant l’Assemblée le mot d’ordre de la révolution de 2011 : « Erhal ! » (Dégage ! en arabe). Cette fois, c’est le départ de la Troïka au pouvoir – Ennahdha, CPR, Ettakatol – qu’ils réclament. Le 25 juillet, l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi avait transformé l’anniversaire de la République en jour de deuil. Les protestations qui s’ensuivent font trembler des institutions qui avaient pourtant fait peau neuve.

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