Tunisie : heurts à Ben Guerdane contre la fermeture du poste-frontière avec la Libye

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Des heurts entre commerçants et forces de l’ordre se sont produits pour la deuxième nuit consécutive à Ben Guerdane, dans le sud de la Tunisie, près du poste-frontière avec la Libye fermé depuis plus d’un mois, a-t-on appris le 29 août de source officielle.


Au cours des nuits de lundi et mardi 28 août, des dizaines d’habitants ont incendié des pneus et jeté des pierres sur des membres des forces de sécurité à Ben Guerdane. Ils protestaient contre la fermeture du poste-frontière avec la Libye qui affecte leurs activités transfrontalières, a indiqué Sofiène Zaag, porte-parole du ministère de l’Intérieur tunisien.

Pour disperser les protestataires, qui ont « attaqué » le principal poste de police de Ben Guerdane, des policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, a-t-il ajouté. Le chef du poste de police a été blessé à la tête par une pierre, selon la même source, qui a pas fait état d’aucune victime parmi les manifestants.

Ces derniers sont des petits commerçants affectés par la fermeture depuis un mois et demi du principal poste frontalier tuniso-libyen de Ras Jedir, a encore précisé Sofiène Zaag, imputant la fermeture aux autorités locales libyennes.


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Accusations libyennes

Interrogé, un responsable sécuritaire libyen a pour sa part indiqué que la décision avait été prise par le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), mais il a rejeté la responsabilité sur les habitants de Ben Guerdane. Ces habitants contestent « une décision qui leur interdit de transporter des marchandises de Libye vers la Tunisie », a-t-il déclaré.

« Ils veulent qu’on leur permette de reprendre leurs activités illégales de contrebande » et la frontière a été fermée après « l’agression de voyageurs libyens » dans cette zone, a-t-il assuré. Le poste rouvrira dès que Tripoli aura reçu « un engagement tunisien sur la sécurité des Libyens », a-t-il conclu.

Population délaissée

Hafedh ben Sassi, le maire de la ville libyenne de Zouara – dont les autorités contrôlent le poste-frontière en question – a dit s’être entretenu il y a deux semaines avec son homologue de Ben Guerdane « des difficultés empêchant la reprise de l’activité à Ras Jedir », et évoqué une autre réunion « dans les prochains jours ».

Le sud-est de la Tunisie, dont une partie de la population estime être délaissée par le pouvoir central, vit essentiellement du trafic transfrontalier avec la Libye, y compris de contrebande. Ces dernières années, cette région a connu des tensions à maintes reprises en raison de la fermeture de Ras Jedir côté libyen. À chaque fois, les autorités tunisiennes font valoir la difficulté de négocier avec les parties libyennes en raison du chaos politique prévalant dans ce pays.

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