Tunisie – Algérie : les sécuritaires dans tous leurs états

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Limogeage des patrons de la police et de la gendarmerie à Alger, éviction du ministre de l’Intérieur à Tunis, refonte des organigrammes… Une guerre de l’ombre fait rage dans les deux pays, sur fond de lutte d’influence avec l’armée ou le pouvoir politique.


Ce sont les deux dernières victimes en date d’un vaste remaniement des services de sécurité algériens. Mercredi 4 juillet, à quelques heures d’intervalle, le patron de la gendarmerie, Menad Nouba, et le directeur de la sûreté d’Alger, Noureddine Berrachedi, sont débarqués sans ménagement de leur poste respectif. Le premier sur décision du président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

Le second sur instruction du nouveau directeur général de la sûreté nationale (DGSN), Lakhdar el-Habiri, lui-même en poste depuis tout juste une semaine. « Un vrai patriote », nous expliquait alors une source gouvernementale pour justifier la nomination d’un homme de 79 ans à la tête de l’appareil policier, en remplacement d’Abdelghani Hamel, lui aussi sèchement remercié après huit ans de bons et loyaux services.

L’affaire de la saisie de cocaïne

Plus qu’une chute ou une disgrâce, le limogeage de Hamel, réputé proche de Bouteflika, a surpris autant que choqué. Tout est allé très vite. De sortie dans la capitale le mardi 26 juin pour lancer la campagne nationale pour le don du sang, l’homme prend le micro devant les caméras pour commenter l’enquête préliminaire sur la saisie record de 701 kg de cocaïne au port d’Oran, fin mai. L’affaire vire au scandale d’État. Elle implique un importateur de viande, Kamel Chikhi, dit « Kamel le boucher » – « El Bouchi » en algérien –, qui aurait disposé de complicités au sommet.

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