Tchad: la présidence propose de compenser les salaires amputés par des avantages en nature

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Par RFI

Rue de Ndjamena (illustration).
© BRAHIM ADJI / AFP

Au Tchad, la fonction publique a observé une grève générale à l’appel de la plateforme syndicale revendicative, un regroupement des syndicats les plus représentatifs. Les travailleurs protestent contre le non-respect du moratoire conclut à la mi-mars avec le gouvernement pour payer aux employés intégralement leurs salaires après plusieurs mois de coupes pour faire face à l’austérité. Une promesse qui n’a pas été tenue et comme il y a deux mois, le service public a été paralysé en ce début de semaine.

Les établissements d’enseignement public déjà pas très opérationnels depuis le début de l’année, étaient fermés ce lundi matin, au désarroi des élèves qui craignent pour les examens de fin d’année. « Nous sommes à quelques pas de l’examen et on ne vient pas à l’école. C’est arrêté, comme ça… C’est un peu inquiétant », s'inquiète une jeune étudiante. « On ne trouve pas normal, mais ici on n’a pas le choix ».

« On demande simplement à notre gouvernement de penser à nous, à noter avenir qui est en jeu », demande un jeune homme. « On n’a pas fini le programme…, » se désole une autre étudiante.

La semaine dernière, l’exécutif a indiqué aux travailleurs qu’il ne pourra pas rétablir les salaires comme promis à la fin de ce mois de mai. Mais ce week-end, la porte-parole du gouvernement a indiqué que les salaires versés respectent les engagements du gouvernement. Une déclaration qui agace quelque peu le porte-parole de la plateforme syndicale revendicative, [qui regroupe l’Union des Syndicats du Tchad (UST), la Confédération Indépendante des Syndicats du Tchad (CIST) et le Syndicat National des Enseignants et Chercheurs du Supérieur (SYNECS), NDLR] Barka Michel, qui promet une grève illimitée :

« Nous voulons aussi dire à la population de nous comprendre. Nous sommes excédés. Vous avez compris que le gouvernement nous a toujours poussés vers la grève. Voilà… Nous sommes à cette nouvelle grève qui malheureusement ne va pas arranger nos enfants, ne va pas arranger la population. Mais nous sommes contraints. Vous savez, c'est une question de survie aussi pour nous militants ».

Selon nos informations, le cabinet de la présidence a rencontré les syndicats, hier lundi, pour proposer de rembourser aux fonctionnaires les montants amputés de leurs salaires par des compensations en nature.

Au Tchad encore, le syndicat des magistrats a aussi appelé à la grève pour protester contre les tirs contre le véhicule d'un avocat qui venait de récupérer ses clients libérés par la justice. Les magistrats pointent la responsabilité du gouverneur de la région du Logone occidental et les responsables de la gendarmerie appellent à des sanctions.

à (re)lire: Tchad: grogne dans les tribunaux après l'agression d'un avocat par des policiers

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