Somalie : au moins 41 morts dans l’explosion de voitures piégées à Mogadiscio

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Au moins 41 personnes ont été tuées et plus de 106 blessées vendredi dans l’explosion de deux voitures piégées placées par les islamistes Shebab et d’un kamikaze près d’un hôtel très fréquenté de Mogadiscio, la capitale de la Somalie.


Le bilan s’alourdit suite à l’attentat survenu à Mogadiscio. Alors que les autorités avait d’abord annoncé, vendredi 8 novembre 2018, environ 20 morts et plus de 40 blessés,  les pertes humaines se sont avérées être plus importantes.

« Le nombre de morts a augmenté. Les informations que nous avons reçues des différents hôpitaux indiquent que le nombre des morts est passé à 41 et que 106 personnes ont été blessées », a déclaré à l’AFP un responsable de la police, Ibrahim Mohamed.

« Plus de 100 personnes ont été blessées dans l’attaque d’hier (vendredi) et certaines ont succombé à leurs blessures dans la nuit », a confirmé à l’AFP un autre responsable sécuritaire, Abdirahman Osman, ajoutant que « près de 50 personnes ont été confirmées mortes ».

Selon des sources sécuritaires et des témoins, deux voitures piégées ont explosé à proximité de l’hôtel Sahafi, où ont l’habitude de séjourner des responsables politiques somaliens. Un kamikaze a ensuite actionné son gilet explosif sur les mêmes lieux et des hommes armés ont tenté de pénétrer dans l’hôtel.

Cet hôtel, déjà frappé par une attaque en 2015, est situé près du carrefour K4, un lieu très fréquenté du centre de Mogadiscio. Cette zone comprend plusieurs hôtels, ainsi que le quartier général du département des enquêtes criminelles (Criminal Investigations Department/CID).

Des victimes en majorité civiles

« La cible de l’attaque était l’hôtel Sahafi. Même si les assaillants ont utilisé des voitures piégées pour pénétrer dans le bâtiment, les forces de sécurité les ont arrêtés. Quatre assaillants shebab ont été tués à l’extérieur « , a ajouté Abdulahi Ahmed, responsable sécuritaire.

J’appelle les Somaliens à s’unir contre ces tueurs

Le président du Parlement somalien, Mohamed Mursal, a accusé les shebab d’avoir délibérément visé des civils. Les shebab estiment que la cible était légitime, l’hôtel abritant des responsables gouvernementaux.

« Ces terroristes ont massacré des civils alors que les gens étaient sortis pour profiter du week-end. J’appelle les Somaliens à s’unir contre ces tueurs », a déclaré Mursal à la presse.

Des témoins ont raconté avoir vu trois hommes armés portant un uniforme de l’armée somalienne tués à la porte arrière de l’enceinte abritant l’hôtel. Le kamikaze s’est fait sauter devant la porte d’entrée.

Le bilan a été confirmé à l’AFP par un membre du service d’ambulances Aamin, Bashir Hassan Farah, qui a dit avoir vu les corps de 20 personnes, pour la plupart des civils.

Cette attaque a été revendiquée par les insurgés islamistes shebab. « Des membres armés des shebab ont mené une attaque complexe visant l’hôtel Sahafi à Mogadiscio, où résident de hauts responsables du gouvernement somalien », ont-ils annoncé sur un site soutenant leur cause.

« L’attaque a débuté avec l’explosion d’une voiture piégée conduite par un martyr et les combattants sont entrés dans le bâtiment », ont-ils ajouté, précisant avoir fait des victimes mais sans les chiffrer.

 Le même mode opératoire

Les shebab utilisent régulièrement pour leurs attaques des véhicules piégés, dont l’explosion précède souvent l’entrée en action d’un commando lourdement armé pour faire le plus de victimes possible.

Ils ont eu recours au même mode opératoire contre certains des hôtels les plus en vue de Mogadiscio ces dernières années.

Selon des proches, le fils de l’ancien propriétaire de l’hôtel Sahafi, Abdirashid Ilqeyte, un homme d’affaires décédé en novembre 2015 pendant la précédente attaque, a été tué.

C’était le chaos après l’explosion et des véhicules, dont des bus transportant des civils, brûlaient sur la rue

Les voitures piégées ont largement détruit l’enceinte de sécurité de l’hôtel pourtant renforcée, et plusieurs magasins alentours ont également été emportés par la violence des explosions.

« C’était le chaos après l’explosion et des véhicules, dont des bus transportant des civils, brûlaient sur la rue. Je pouvais voir des gens hurler alors qu’ils quittaient les bus », a déclaré à l’AFP un témoin, Fadumo Ali.

« Cette zone est toujours dense et c’est normal qu’il y ait des bouchons. Ca a augmenté le nombre des victimes », a ajouté un autre témoin, Awil Mohamed.

Les Shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont juré la perte du gouvernement fédéral somalien, soutenu par la communauté internationale et les 20 000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

Chassés de Mogadiscio en 2011, les Shebab ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale somalienne, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

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