Rétablissement de la conscription au Maroc : un service commandé

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Si la société s’est emparée du débat sur le retour du service militaire obligatoire, la classe politique, elle, hésite, oscillant entre promotion du patriotisme et interrogations pragmatiques.


La Coupe du trône et la Botola, le championnat de football marocain, ont fait office de sondage grandeur nature. Des tribunes descendent à de nombreuses reprises des chants rejetant en bloc l’idée de réhabilitation de la conscription obligatoire. Un mois après son adoption par le conseil de gouvernement, lundi 20 août, le projet de loi sur le rétablissement du service militaire obligatoire – ou SMO – fait toujours autant jaser dans la rue, mais provoque encore peu de débats publics. C’est que la surprise a été grande.


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Quelques jours avant l’annonce, des sites d’information marocains découvrent l’ordre du jour du Conseil des ministres et le projet de loi 44.18, portant sur le rétablissement du service militaire obligatoire. Étonnés, certains refusent tout bonnement d’y croire : jusqu’à l’officialisation de la proposition par l’exécutif, des journalistes assurent qu’il s’agit là d’une erreur d’interprétation et que le projet de loi ne peut porter que sur un sujet connexe, mais en aucun cas sur une réhabilitation pure et dure de la khidma. Cette dernière, instituée en 1966, avait été abandonnée quarante ans plus tard par décret royal.

Il n’est pas question de renforcer les capacités militaires du Maroc sur le champ de bataille, mais plutôt d’encadrer et de former la jeunesse

Les défenseurs du projet de loi reconnaissent eux-mêmes que le rétablissement du SMO n’obéit pas franchement à un impératif de défense nationale. « Il n’est pas question de renforcer les capacités militaires du Maroc sur le champ de bataille, mais plutôt d’encadrer et de former la jeunesse », insiste Mohamed Benhamou, professeur à l’université Mohammed-V, à Rabat, et expert des questions de sécurité. Consultant lui aussi, le colonel à la retraite Hassane Saoud juge que « l’armée peut être un vecteur d’intégration sociale ». Car tel est le pari de ceux qui soutiennent le principe du SMO : ce dernier pourrait aider à combattre un chômage des jeunes endémique, qui s’établit aujourd’hui à plus de 20 %. Une bombe à retardement.

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