[Reportage] Madagascar: la crise politique vue par la rue

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Par RFI

Manifestation de l'opposition, le 23 avril à Antananarivo (photo d'illustration).
© REUTERS/Clarel Faniry Rasoanaivo

A Madagascar, la mise en place d'un gouvernement d'union nationale est attendue. La Haute Cour constitutionnelle a donné jusqu'à ce mardi 5 juin au pouvoir et à l'opposition pour trouver un accord de sortie de crise. Après plus d'un mois de contestation, dans les rues de la capitale, c'est surtout la lassitude et l'impression de déjà-vu qui a gagné les Malgaches.

Depuis plus d'un mois, les 73 députés de l'opposition et leurs partisans occupent la place du 13-Mai dans le centre d'Antananarivo pour demander la démission du chef de l'Etat.

Dans le quartier populaire de 67 ha, Rochel, chef de chantier s'impatiente. « J'en ai vraiment marre. Je n'ai plus envie de penser aux politiciens. Ils sont trop égoïstes. Nous ce que l'on attend c'est un grand changement de mentalité de la part de nos dirigeants. »

Opposition ou dirigeants actuels, Manga, couturière dans une usine ne fait plus confiance. « Ils ne pensent qu'à eux. Ils font semblant de se battre alors que quand ils auront leur place ils feront la même chose que ceux qui sont au pouvoir en ce moment, se lamente-t-elle. Là ils disent qu'ils sont proches du peuple, mais quand ils auront leur place ils ne tiendront plus compte de nous. »

Rafine vend du manioc dans la rue. Les contestations de l'opposition, elle ne s'y intéresse pas : « C'est toujours la même chose. Pourquoi avoir de l'espoir ? Il faut s'adapter à cette vie. »

A 25 ans Cedrio est déjà épuisé par les crises politiques qu'a connues le pays. « J'en ai marre de tout ce qui se passe parce que notre routine est chamboulée. C'est la pagaille en ce moment. De toute façon tous les 10 ans il y a des problèmes à Madagascar : en 2009 et puis maintenant 2018. On en a vraiment marre de ce qui se passe actuellement. »

Pour trouver une issue à la crise, la Haute Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, a demandé au chef de l'Etat de nommer un Premier ministre de consensus. Le nouveau gouvernement aura notamment pour tâche d'organiser une élection présidentielle anticipée pendant la saison sèche au cours de cette année.

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