Référendum au Burundi: la coalition Amizero ne reconnaîtra pas le résultat

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Par RFI

Une femme vote à Ciri, dans le nord du Burundi, à l'occasion du référendum constitutionnel, le 17 mai 2018 (illustration).
© STR / AFP

Le Burundi est toujours dans l'attente des résultats du référendum de jeudi dernier qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en poste jusqu'en 2034. Les résultats provisoires sur la quasi-totalité des provinces du pays donnent sans surprise le «oui» gagnant. Quels que soient ces résultats définitifs, la coalition d'indépendants «Amizero y'Abarundi» (Espoir des Burundais) dirigée par Agathon Rwasa estime qu'ils seront «fantaisistes» et qu'elle ne les reconnaîtrait pas. Des accusations gratuites, répond le pouvoir.

Pour la coalition le processus électoral n'a été ni libre, ni transparent. Amizero dénonce une fois de plus «les intimidations et le harcèlement» dont a été victime, selon elle, la population de la part du parti au pouvoir et plus précisément de la part des Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti.

« On ne peut pas les reconnaître parce que ce sont des résultats qui ont été manipulés, explique à RFI le président du groupe parlementaire Amizero y’Abarindi Pierre Célestin Ndikumana. C’était un petit théâtre électoral. Ce n’était pas vraiment des élections : il y a eu arrestations ; il n’y a pas eu vote secret ; les Imbonerakure accompagnaient les votants dans les isoloirs ; il y a eu chasse à l’homme ; nos mandataires ont été chassés des bureaux de vote ; il y a eu dépouillement quand nos mandataires n’étaient pas là…

Dans beaucoup de provinces, presque partout dans le pays, il y a eu des intimidations. Nos mandataires ont été arrêtés quand ils se rendaient dans les bureaux de vote pour suivre le scrutin… Donc il y a eu beaucoup de choses, beaucoup, beaucoup de dérapages, beaucoup de gaffes. C’est la raison pour laquelle on ne peut pas reconnaître les résultats de cette parodie électorale ».

Faux, répond le 1er vice-président du Burundi, Gaston Sindimwo, interrogé par RFI.

« C’est vraiment un mensonge, nous assure le premier vice-président. Parce que, les Burundais ont voté ! Ce qui s’est passé le 17 mai 2018, c’est du jamais vu au Burundi, où nous avons vu les gens voter librement et les gens répondre massivement au référendum. C’est extraordinaire ! Il n’y a pas moyen de trouver des prétextes. Donc, c’est un scrutin sans incident aucun.

Il [faudrait] qu’ils parviennent à rassembler des preuves et qu’ils puissent les transmettre à l’organe chargé du contentieux électoral. Pour nous, la situation est calme au Burundi. Nous sommes habitués à ces manœuvres ».

à (re)lire: Référendum au Burundi: enterrement de l’accord d’Arusha ou volonté populaire?

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