RDC: polémique autour de l’invalidation du mandat de 3 députés pour absentéisme

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Par RFI

Le palais du peuple, le parlement congolais.
© RFI/Habibou Bangré

En RDC, trois des députés parmi les plus critiques du régime viennent de voir leur mandat invalidé : le candidat à la présidentielle et président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecide), Martin Fayulu, le porte-parole de la plateforme de Moïse Katumbi, Olivier Kamitatu, et Francis Kalombo, un autre proche de l'ancien gouverneur du Katanga qui vient de claquer la porte du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Officiellement, ils sont sanctionnés dans le cadre de la lutte contre l'absentéisme.

Depuis plus d'un an, une commission spéciale bipartisane a été mise sur pied pour lutter contre l’absentéisme, véritable fléau dans un Parlement dont les membres sont pourtant parmi les mieux payés du continent. Plus de 132 députés auraient pu perdre leur mandat pour cette raison. Finalement, en décembre, un rapport en épinglait 23.

Le président de cette commission est l'honorable Baudouin Mayo Mambeke, du parti d'opposition Union pour la nation congolaise (UNC). Lui parle d'un règlement de comptes orchestré par le président de l'Assemblée nationale et patron de la majorité, Aubin Minaku : « Tout président de la commission que je suis, j’ai été surpris par la décision d’invalidation de collègues. Il est vrai que les collègues étaient sous le coup des absentéismes. Et ils n’étaient pas les seuls, il y en avait plusieurs. Et c’est le président de l’Assemblée qui, au lieu de laisser la commission présenter son rapport et que la plénière en débatte, il a fait passer sa proposition au vote. Cela c’est tout simplement chercher à régler des comptes avec les gens qu’on a pointés. Ca, c’est le combat PPRD/ Moïse Katumbi. Alors il faut se garder d’utiliser l’Assemblée nationale, qui est une institution de la République, dans ce combat entre partis politiques ».

François Nzekuye est le rapporteur de cette même commission d'enquête sur l'absentéisme des députés, il est membre de la majorité. Pour lui, examiner ces trois cas, avant de débattre du rapport se justifiait. Ces députés, au regard de la Constitution comme de l'accord de la Saint-Sylvestre, qui prévoyait des élections au plus tard le 31 décembre 2017, estiment que toute l'Assemblée est illégitime et à ce titre que les députés n'ont plus de mandat du peuple.

Leurs propos feraient donc office de flagrant délit, selon l'honorable François Nzekuye : « Les trois, de manière délibérée, ont fait des déclarations donnant la certitude qu’ils ne voulaient plus siéger à l’Assemblée nationale. Ce sont des cas de flagrance qui n’avaient pas besoin de vérifications éventuelles. Ce n’était pas que nous qui devions investiguer, donc nous avons fait que répondre à leur volonté de ne plus vouloir siéger à l’Assemblée nationale ».

Le rapport sur l'absentéisme des députés devrait être discuté d'ici la fin de la session parlementaire mi-juin. Martin Fayulu et Olivier Kamitatu ont tous deux dénoncé une annonce qui ne va pas dans le sens de la décrispation, mais qu'ils restaient sur leur position. L'Assemblée, comme le Sénat ou même le président Kabila, sont tous illégitimes, car leurs mandats ne sont plus couverts ni par la Constitution ni par l'accord politique de la Saint-Sylvestre.

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