RDC: mort de Luc Nkulula, activiste de la Lucha, dans l’incendie de sa maison

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Par RFI

Un membre de La Lucha distribue des tracts pour soutenir la cause du mouvement citoyen, le 24 avril 2015, à Goma (photo d'illustration).
© FEDERICO SCOPPA / AFP

En République démocratique du Congo (RDC), l'activiste Luc Nkulula, membre du mouvement de la Lutte pour le changement (Lucha), est mort à Goma dans la nuit de samedi à ce dimanche 10 juin dans l’incendie de sa maison. L’origine de l’incendie n’est pas encore connue. Les activistes n'écartent pas la piste criminelle.

Les activistes de la Lucha se sont rendus vers 5h00 du matin sur les lieux de l'incendie, dans le quartier de Himbi, à Goma et n'ont trouvé qu'un tas de cendres encore fumantes. Selon les témoignages qu'ils ont recueillis auprès de la sœur de Luc Nkulula et du voisinage, l'incendie a démarré aux alentours de minuit. Il se serait très vite propagé.

Luc Nkulula était dans sa chambre à ce moment-là. Il aurait eu le temps de faire passer des documents importants à sa soeur qui se trouvait à l'extérieur de la maison en flammes mais il n'a pas eu le temps d'en sortir. Le voisinage aurait essayé de le sortir des flammes, sans succès.

Une grande figure de la Lucha

Luc Nkulula, 33 ans, licencié en droit de l’université de Goma, était un activiste pro-démocratie très engagé. Esprit rebelle, combatif, plusieurs fois arrêté… Il avait notamment été le principal porte-parole du mouvement lors de la rencontre, à Goma, avec le chef de l'Etat, Joseph Kabila, en août 2016.

« Luc, c’est pour nous un héros qui avait du courage, qui avait de la passion pour la Nation. Il était toujours indigné de voir comment les gens étaient tués à Béni, comment les gens étaient tués sur toute l’étendue du territoire de la RDC. Depuis 2012, il a toujours été là au premier front, dans les marches que nous avons menées contre le pouvoir de Kabila. Pour lui, l’alternance était l'un de ses grands combats. Il voulait un pays où un jour il y aurait plus de démocratie, avec des valeurs qui respecteraient la dignité et la justice sociale », témoigne Ghislain Muhiwa, membre de la Lucha à Goma.

C'est, par conséquent, la tristesse qui domine dans les rangs du mouvement, depuis ce matin. Tristesse, mais aussi beaucoup de questions.

Les origines de cet incendie ne sont pas encore connues, mais au regard des éléments factuels disponibles les activistes n'écartent pas la piste criminelle. Il n'y avait pas d'électricité au moment des faits ni de gazinière allumée.

En tout cas, le gouverneur de Nord-Kivu, Julien Paluku, a déclaré à RFI avoir demandé à la police l'ouverture d'une enquête. Origine criminelle ou accidentelle, il a rappelé que les incendies sont fréquents dans cette partie de la ville où les maisons sont principalement en bois.

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