RDC : Jean-Pierre Bemba « candidat naturel » du MLC en congrès à Kinshasa

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Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, acquitté de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par la CPI, a ouvert jeudi les travaux de son congrès à Kinshasa. À cinq mois de la présidentielle du 23 décembre, l’opposant est perçu comme le « candidat naturel » par ses partisans.


« Jean-Pierre Bemba, c’est notre candidat naturel » à la présidentielle, le congrès en débattra « avec un message fort et percutant qui viendra de lui-même sur cette question », a assuré le sénateur Jacques Djoli, un des dirigeants du Mouvement de libération du Congo (MLC).

« Le processus électoral en République démocratique du Congo » est le principal point à l’ordre du jour, a déclaré Ève Bazaiba, la secrétaire générale du MLC, dans son discours d’ouverture de ces assises prévues sur deux jours.

Sans les nommer, elle s’en est prise aux « prophètes des malheurs qui ont conspiré toutes formes de stratégies pour couler le MLC avec son leader ».

« Aujourd’hui, le MLC demeure bien debout sur ses deux pieds, avec fermeté et assurance » pour « la conquête effective du pouvoir de manière démocratique », a-t-elle déclaré, sous les acclamations et cris de joie des participants réunis dans un centre catholique dans l’ouest de Kinshasa.

Bemba, fils du pays »

L’ouverture de ce congrès s’est déroulée dans une ambiance folklorique alors que le parti s’apprête à célébrer en septembre ses vingt ans d’existence. Des chansons à la gloire de Jean-Pierre Bemba, entrecoupées de slogans sur la « congolité », ont été entonnées, comme « Bemba, fils du pays ».


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Le riche homme d’affaires congolais devenu chef de guerre puis vice-président avait été condamné en première instance en 2016 à dix-huit ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI), pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003.

Mais le 8 juin, un jury d’appel a ordonné sa mise en liberté, l’acquittant, à la surprise générale.

Jean-Pierre Bemba vit pour l’instant en Belgique, en liberté provisoire, après dix ans de détention, en attendant une décision finale sur sa peine dans une autre affaire de subornation des témoins.

« Non État »

Les représentants d’autres partis politiques de l’opposition et de la majorité, dont Emmanuel Ramazani Shadary, le secrétaire permanent du PPRD, le parti du président Joseph Kabila, étaient présents à l’ouverture du congrès du MLC.

Ève Bazaiba a brossé un tableau sombre de la situation politique, sécuritaire, économique et sociale de la RDC, dénonçant une situation de « non État » où « tout est à recommencer ».

Emmanuel Ramazani Shadary a pour sa part estimé que cette attaque de la secrétaire générale du MLC contre les dirigeants congolais était « tout à fait normale » pour un parti d’opposition. « C’est du déjà entendu mais au-delà de ça, c’est une bonne initiative démocratique et citoyenne », a-t-il affirmé à la presse. Pour les élections, « nous savons que nous allons gagner […], notre candidat [à la présidence de la République] sera élu », a-t-il ajouté.

La présidentielle du 23 décembre est censée élire le successeur de Joseph Kabila, dont le mandat s’est achevé en décembre 2016. La Constitution lui interdit de se représenter, ses détracteurs l’accusent de vouloir tout faire pour s’accrocher au pouvoir.

De leur côté, les opposants ont affirmé travailler pour une « unité d’actions ». « Notre présence ici, c’est un acte concret de notre volonté de nous unir pour présenter un candidat commun de l’opposition » à la présidentielle, à déclaré le président de l’UNC, Vital Kamerhe.

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