RCA: la peur est revenue à Bambari

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Par RFI

Le pont de Bambari.
© RFI/David Thomson

Dans le centre de la RCA, la ville de Bambari vit à l'arrêt depuis qu'elle a été le théâtre d'un nouveau cycle de violences intercommunautaires qui ont fait au moins huit morts en début de semaine. Bambari qui avait été déclarée ville sans groupes armés l'an dernier et qui avait été érigée en symbole du retour de l'autorité de l'Etat voit les meurtres et les pillages se multiplier. Et des milliers de personnes sont de nouveau déplacées.

« Il y a une accalmie, un peu de circulation, et quelques boutiques ont rouvert », raconte le maire Abel Matchipata. Mais la peur est bel et bien revenue à Bambari. Le maire lui-même ne dort plus chez lui. A l'instar de milliers de ses administrés qui ont traversé ce jeudi encore la rivière Ouaka qui coupe Bambari en deux, pour s'entasser sur des sites de déplacés. Le meurtre d'un taxi-moto musulman a entraîné lundi et mardi une réaction ultra-violente comme Bambari n'en avait plus connu depuis plus d'un an.

Dans un communiqué, Médecins sans frontières explique que les déplacés ont fui aussi vite que possible. « Ils n'ont même pas pris le temps d'aller jusqu'au pont, ils ont sauté dans la rivière pour traverser et trouver un peu de sécurité de l'autre côté », raconte l'ONG.

Plusieurs ONG, une paroisse, une radio et de très nombreuses maisons ont été pillées ou détruites. Certains témoins parlent d'assassinats. Et en début de semaine, le commissariat et la gendarmerie ont été la cible d'attaques, dans cette ville érigée il y a dix-huit mois en laboratoire de la paix et de la restauration de l'autorité de l'Etat. Est-ce à dire que la tentative a échoué ? « Non, non, non, je crois qu'il faut se garder de juger trop vite, répond Parfait Onanga, chef de la Minusca. Il ne s'agit pas d'une tentative de reprise de la ville de Bambari. Tout ce qui s'est passé est extrêmement déplorable. Il s'agit de cycle infernal de violences intercommunautaires, comme nous l'avons vu malheureusement à Bangui. »

Et la Minusca d'assurer qu'elle va « tirer les leçons de ces incidents douloureux. Nous voulons lancer un appel à tous les Centrafricains pour que s'arrête le cycle infernal de la violence et l'exploitation opportuniste de certains acteurs politiques qui veulent déclarer évidemment l'échec de l'effort de paix. Donc, il faut être très prudent, il faut de la retenue. Je suis convaincu que dans les tout prochains jours, le calme reviendra, et nous serons en mesure de faire régner à Bambari la paix dont on a fait l'expérience au cours de cette année. »

Certains habitants attribuent ces violences à l'UPC d'Ali Darass qui avait dû quitter la ville en février 2017. L'UPC dément toute implication ou toute velléité de reprendre pied à Bambari. Mais indique organiser des patrouilles de ses éléments, en armes, pour tenter de mettre un terme aux pillages.

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