Niger: qui sont les «bandits armés» qui sévissent aux frontières du pays?

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Par RFI

Des soldats nigériens patrouillent dans la région d'Ayorou, au nord-ouest de Niamey, au Niger (photo d'archives).
© © ISSOUF SANOGO / AFP

Retour sur les combats dans le Grand Sahara, aux frontières du Tchad, du Niger et du sud de la Libye, en fin de semaine dernière. Nous savons que les accrochages entre l'armée nigérienne et des « bandits » ont été d'une rare violence. Qui sont ces éléments armés ? Joint par RFI, Jérôme Tubiana, analyste à Small Arm Survey, nous donne des éléments de réponse.

On ignore le nombre exact de ces hommes. Lors des affrontements, on dit officiellement, à Niamey, qu'il y a eu « deux militaires nigériens tués et des bandits neutralisés », qu’ils étaient lourdement équipés, « un convoi de 17 véhicules », et que l'armée les pourchasse toujours vers le sud-libyen.

Mais qui sont ces groupes qui sévissent à plus de 400 km au nord-est d'Agadez, aux abords de la Libye et du Tchad et qui franchissent, sans mal, les frontières ?

« Les éléments armés qui traversent les frontières sont, pour beaucoup, des déserteurs, par exemple de l’armée tchadienne, mais aussi d’anciens rebelles ou des rebelles actifs (ou bien tchadiens ou bien soudanais). Certains ont été mercenaires en Libye, absolument pas dans des camps jihadistes mais pour les différentes factions en présence en Libye, que ce soit Tripoli ou le général Haftar. Et puis beaucoup ont été chercheurs d’or dans tous les pays de la région y compris au Niger. D’autres ont été passeurs de migrants. Certains se sont spécialisés dans les attaques de trafiquants de drogue qui traversent la région et d’autres, à la suite de cela, sont eux-mêmes devenus des escortes pour des trafiquants de drogue », explique l’analyste Jérome Tubiana qui évoque par ailleurs la possibilité que des Tchadiens de l’ethnie Zaghawas fassent également partie de ces groupes armés.

« Les Zaghawas, c’est une ethnie qui n’est pas seulement celle du pouvoir tchadien et du président Déby, mais aussi celle de la rébellion du Darfour en grande partie. Mais quand on a des éléments, comme ça, qui sont un petit peu dans la nature et qui ne se battent pas pour leurs causes politiques anciennes, on peut penser qu’il s’agit souvent d’éléments qui n’ont plus vraiment d’opportunités de faire avancer une cause politique et qui partent un peu à l’aventure en essayant de survivre ou de s’enrichir », ajoute-t-il.

Pour Jérôme Tubiana, les Etats de la région où l’insécurité est permanente ainsi que la communauté internationale sont responsables de cette situation.

Il y a une grosse responsabilité, à mon sens, des gouvernements soudanais et tchadien qui n’offrent aucune possibilité de négocier à la rébellion… Jérôme Tubiana 11-06-2018 – Par Jean-Jacques Louarn

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