Maroc : vers l’apaisement au sein de la CGEM ?

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Salaheddine Mezouar, le président de la CGEM, a accepté de renoncer à la moitié des membres qu’il avait initialement désignés au conseil d’administration de l’organisation patronale. Les tensions au sein du patronat semblent s’apaiser.


C’est dans un climat tendu que les membres de droit du conseil d’administration de la confédération patronale se sont réunis le 10 janvier. Une réunion très attendue alors que la CGEM était au bord de l’implosion, en raison d’une hégémonie de Salaheddine Mezouar sur les instances de gouvernance.

L’ancien ministre, élu patron des patrons en mai dernier, avait commis l’impair de nommer au conseil de la CGEM plus d’une cinquantaine de membres, soit deux fois plus ce que lui permettent les textes fondamentaux du patronat. Une entorse statutaire qui avait suscité une levée de boucliers de la part de bon nombre de figures de la CGEM.

Démission d’Ahmed Rahhou

La démission du vice-président Ahmed Rahhou a été aussi symptomatique de cette crise de gouvernance que traversait le patronat. Le président de CIH Bank, très respecté dans le milieux des affaires, s’est retiré officiellement pour se consacrer à ses responsabilités au sein du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Mais des sources de la CGEM affirment que le départ de Rahou est « une forme de protestation contre les pratiques des hommes de confiance de Mezouar, notamment le président du groupe parlementaire Abdelilah Hifdi » – avec lequel il s’est notamment brouillé lors des discussions autour de la loi de finances 2019.

Le conseil du 10 janvier a néanmoins permis de remettre les pendules à l’heure. Salaheddine Mezouar a tenu à rassurer sur le fait que « l’intérêt du bien collectif qu’est la CGEM prime sur les intérêts et conflits entre personnes », selon une source proche du patron des patrons.

Il a en même temps raccourci la liste des membres désignés au Conseil d’administration à 26 contre 51 au début de son mandat, mettant fin à une situation qui avait conduit à un blocage au sein du patronat. Pour remplacer Ahmed Rahou, le président a même eu recours à une autre figure connue dans le milieu des affaires : Khalid Cheddadi, PDG de la CIMR, qui est désormais en charge de « la compétitivité et de l’environnement des affaires ». La tempête semble donc se dissiper et le mandat Mezouar peut enfin démarrer.

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