Maroc : les dossiers qui attendent Driss Guerraoui, nouveau président du Conseil de la concurrence

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Le roi a nommé, le 17 novembre, Driss Guerraoui en tant que nouveau président du Conseil de la concurrence. Une mesure très attendue pour réactiver une institution en sommeil depuis cinq ans, alors que les sujets de manquent pas.


Après cinq années d’atonie, le siège du Conseil marocain de la concurrence, à Rabat, a connu une agitation inhabituelle ce lundi 19 novembre. Driss Guerraoui, nommé deux jours plus tôt par le roi Mohammed VI à la tête de l’institution, était venu prendre ses fonctions et faire la passation des pouvoirs avec son prédécesseur, Abdelali Benamour.

Cette cérémonie officialisait la réactivation du conseil, pratiquement atone depuis cinq ans – Abdelali Benamour, dont le mandat était arrivé à son terme en 2013, n’avait plus la capacité d’être saisi ni même de s’autosaisir, alors que les dossiers s’empilaient. Et en cette année marquée par un important mouvement de boycott, on ne compte plus le nombre d’éditos, d’articles et de discours qui réclamaient l’arrivée d’un nouveau patron au sein de cette institution.

Les marges des distributeurs d’hydrocarbures en hausse

« Cette nomination constitue une nouvelle étape dans l’histoire du Conseil, compte tenu des enjeux de l’économie nationale », a expliqué Driss Guerraoui lors de sa prise de fonction. Cet ancien secrétaire général du Conseil économique, social et environnemental (CESE), depuis 2011, est conscient de la quantité de travail qui l’attend.

Parmi les dossiers prioritaires, celui du prix des hydrocarbures. Au mois de mai dernier, un rapport parlementaire expliquait que les marges engrangées par les distributeurs ont considérablement augmenté au détriment du portefeuille du consommateur depuis la libéralisation des prix en novembre 2015. Les 13 députés qui avaient travaillé sur ce document ont été mandatés par le Parlement à la suite de nombreuses réclamations des consommateurs qui soupçonnaient une entente sur les prix entre les différents opérateurs.

Le président de la commission, Abdellah Bouanou (PJD), a expliqué devant les parlementaires que le rapport n’a pas pu clairement identifier une entente. Pour lui, cette question est du ressort du Conseil de la concurrence, à qui la loi donne les pleins pouvoirs pour lutter contre les pratiques anticoncurrentielles et la concentration économique.

La loi en renfort

Cette année a aussi connu un événement assez unique et inédit, la campagne de boycott a été lancée au mois d’avril sur les réseaux sociaux visant l’eau Sidi Ali, des Eaux minérales d’Oulmès (filiale de Holmarcom), dirigées par l’ancienne patronne des patrons, Miriem Bensalah ; Afriquia, leader des stations-service, dont l’actionnaire principal n’est autre que Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et le lait de Centrale Danone.


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Le mouvement, dont aucun leader ou mot d’ordre « officiel » n’a été identifié, incriminait la situation d’oligopole que connaissent les trois entreprises qui détiennent, chacune, autour de 50 % de parts de marché dans son segment. Pour la majorité des observateurs et des économistes, le Conseil de la concurrence aurait pu calmer les foules et aurait pu aider à l’arrêt de cette campagne, qui tend à s’essouffler après avoir coûté plusieurs millions de dirhams aux trois marques.

Pour rappel, la loi adoptée en 2014 a redéfini le rôle du Conseil pour qu’il puisse être le régulateur attendu. « le Conseil de la concurrence est une institution indépendante chargée, dans le cadre de l’organisation d’une concurrence libre et loyale, d’assurer la transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à travers l’analyse et la régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des pratiques commerciales déloyales et des opérations de concentration économique et de monopole ».

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