Madagascar: polémique dans l’opposition après la nomination du gouvernement

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Par RFI

Ce mercredi 13 juin, à la tribune de la place du 13 mai. Députés, étudiants, syndicalistes et autres représentants de certaines professions ont pris la parole face aux manifestants.
© Sarah Tétaud/RFI

A Madagascar, les députés de la place du 13 mai continuent d'afficher leur mécontentement : la nomination du gouvernement avec un tiers des ministres issus de l'opposition « seulement » ne répond pas à leurs revendications. Des revendications tellement nombreuses et différentes en fonction des orateurs qui prennent tour à tour la parole à la tribune que le message final s'en trouve brouillé. Mardi, certains de ces députés de l'opposition avaient même « invité » leurs quatre camarades de lutte nommés ministres à se présenter place du 13 mai pour discuter, faute de quoi ils seraient exclus du mouvement. Mercredi, aucun d'entre eux n'a fait le déplacement, mais finalement, sans conséquence.

« On était là pour demander le changement, on a beaucoup discuté, mais on a perdu notre temps ! » lance une députée de l'opposition à la foule.

Députés, étudiants, syndicats, militaires retraités, transporteurs… Tous se succèdent à la tribune et chacun y va de sa réclamation : démission du président de la République, démission d'un ministre en particulier, de tous les ministres pro-pouvoir, voire même du gouvernement en entier.

Ce manifestant espérait interpeller les quatre nouveaux ministres issus de l'opposition. « Nous voulons leur dire qu'il faut démissionner, parce que ce n'est pas un bon gouvernement là, ce n'est pas bon pour nous. Il faut tout changer. C'est le HVM [le parti du président de la République, Ndlr] qui a la majorité dans le gouvernement, donc ça ne changera rien pour nous … »

Mais mercredi, aucun des membres du gouvernement n'a rejoint la place de la contestation. Le député TIM Guy Rivo était au ministère de l'Industrie, où il venait tout juste de prendre ses fonctions.

« Moi je n'ai pas peur d'y aller, sur la place du 13 mai ! J'ai toujours été quelqu'un de fidèle à mes convictions. C'est des revendications [celles débattues par les députés de l'opposition] que je continue de soutenir et que je vais appliquer ici, au ministère. Si moi je ne les applique pas, comment voulez-vous que les choses changent ? Par contre, les manifestants du 13 mai, s'ils voient qu'il y a un effort qui a été fait, il faudra décider s'il faut continuer ou s'il faut arrêter de manifester… »

La réponse dans quelques semaines. En attendant, plusieurs actions sont déjà prévues aujourd'hui, comme le blocage des ministères de l'Enseignement supérieur, des Télécommunications et de la Communication pour protester contre la nomination des ministres.

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