Madagascar: après la décision de la Haute Cour, pouvoir et opposition mobilisés

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Par RFI

Les partisans d’Hery Rajaonarimampianina se sont retrouvés au coliseum Antsonjombe d'Antananarivo, le 26 mai 2018.
© Laure Verneau/RFI

Au lendemain de la décision de la Haute Cour constitutionnelle, les réactions sont vives dans la classe politique malgache. Hier, l’opposition et les pro-régime ont chacun tenu deux rassemblements dans la capitale. La plus haute juridiction du pays a en effet décidé de maintenir le chef de l’Etat en place et a donné dix jours aux partis pour trouver un accord. Sans quoi, sa décision rentrera en vigueur : passé le 4 juin, le président de la République aura sept jours pour dissoudre le gouvernement actuel et nommer un Premier ministre de consensus, puis sept jours de plus pour former un gouvernement de consensus.

Les partisans d’Hery Rajaonarimampianina se sont retrouvés au coliseum d’Antsonjombe. Environ 10 000 personnes se sont rendues au premier rassemblement organisé par le régime depuis un mois. Dans ce stade construit par Andry Rajoelina pendant la Transition, qui compte près de 40 000 places, se sont succédé concerts et courtes allocutions politiques.

La décision de la HCC est une victoire en demie teinte pour les députés de la majorité, mais Freddie Mahazoasy, porte-parole des députés HVM, préfère se concentrer sur les échéances à venir : « Dire que nous sommes satisfaits à 100%, cela me paraît difficile. Il s'agit quand même d'aller dans le sens du consensus et de l'apaisement. Il faut faire des concessions des deux côtés. Mais aujourd'hui, dans le groupe des députés majoritaires au nombre de 79, nous nous sentons parfaitement en mesure de nommer le Premier ministre du futur gouvernement. »

Le député fait référence à l’article 54 de la Constitution qui prévoit que le chef de l’Etat choisit un Premier ministre issu du parti ou du groupe de parti majoritaire à l’Assemblée.

À quelques kilomètres de là, la place du 13-Mai est noire de monde. La foule est venue applaudir les députés de l’opposition, en conclave dans l’hôtel de ville. S’ils n’ont pas encore décidé de leur feuille de route, ils pensent que la HCC n’est pas allée assez loin dans sa décision. C’est le cas de la députée Lydia Rahantsoa, du parti TIM : « La HCC a dit que c'est vrai qu'il a dérapé par rapport à la Constitution. S'il a dérapé, la déchéance doit s'ensuivre. Qu'est-ce qui s'en est suivi ? C'est le gouvernement qui tombe. »

On ne sait pas encore comment les partis vont interpréter l’accord politique qu’ils doivent trouver d'ici dix jours, comme l’a ordonné la HCC.

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