Lois électorales à Madagascar: les députés de l’opposition restent mobilisés

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Par RFI

Les opposants aux nouvelles lois électorales malgaches demandent la démission du président, comme ici le 25 avril, à Antananarivo.
© RIJASOLO / AFP

A Madagascar, les réactions se multiplient après la décision de la Haute Cour Constitutionnelle, jeudi 3 mai au soir, de retoquer plusieurs articles des nouvelles lois électorales, adoptées un mois plus tôt. La plus haute instance judiciaire malgache a jugé « non conformes » plusieurs dispositions conflictuelles de ces textes. Elle donne ainsi partiellement raison aux députés de l'opposition, qui contestent sur la place du 13 Mai, à Antananarivo, ces lois électorales qu'ils jugent favorables au pouvoir en place. Malgré cette décision, les députés de l'opposition poursuivent leur mobilisation et demandent toujours la démission du président de la République.

Il est 16h sur la place du 13 Mai, ce vendredi 4 mai 2018. Hanitra Razafimanantsoa, députée du TIM, le parti de l'ancien président Marc Ravalomanana, fait le compte rendu de la journée aux manifestants. « La Haute Cour Constitutionnelle a refusé que la Constitution soit piétinée ! » déclare-t-elle sous les applaudissements. « C'est une victoire incontestable pour les députés car cela veut dire que les députés sont plus compétents que les dirigeants actuels. Ils ont fait n'importe quoi. Ils sont humiliés. Si tu n'y connais rien dégage de là et laisse faire les plus compétents ! »

Jean Guy Rambolamanana est député indépendant. Pour lui, « c'est une première étape mais le mouvement continue jusqu'à la déchéance du président de la République ». Les députés de l'opposition dénoncent les conditions dans lesquelles les nouvelles lois électorales ont été adoptées et accusent le gouvernement d'avoir acheté le vote de certains députés.

Paul Bert Rahasimanana, député indépendant et député du MAPAR, parti de l'ancien président de la Transition, Andry Rajoelina, affirme ainsi : « Nous, nous demandons que l'on revienne aux anciennes lois pour ne pas perdre de temps. Nous n'allons pas nous réunir avec des députés corrompus. Ils vont faire la même chose : on va leur donner de l'argent et ils vont lever la main ».

Pour le premier ministre, Olivier Mahafaly, la décision de la Haute Cour Constitutionnelle n'est pas un échec pour le gouvernement : « Personne ne sort victorieux ou perdant » assure-t-il. Pour lui, « tout le monde gagne puisqu'on est en démocratie. L'objectif c'est de pouvoir maintenir la stabilité à Madagascar. Nous devons tous ramener le débat au niveau du parlement, faire taire ses ambitions personnelles et considérer l’intérêt supérieur de la nation ».

Plusieurs possibilités pour résoudre la situation

Pour sortir de la crise, le président de la République Hery Rajaonarimampianina pourrait décider d'aller vers l'apaisement, permettre de nouvelles délibérations au Parlement et chercher un consensus autour de ces lois électorales critiquées depuis des semaines. Un dialogue que la société civile appelle de ses voeux. Mais qui prendrait du temps.

En attendant, les 73 députés de l'opposition unis dans un souhait de « changement » attendent la décision de la Haute cour constitutionnelle sur leur demande de déchéance du président de la République.

Mais, selon Rivo Rakotovao, il ne s'agit que de manoeuvres politiciennes de déstabilisation. Le président du sénat et du parti au pouvoir met en avant une autre possibilité : celle que les lois électorales soient promulguées en l'état, en retirant les articles jugés inconstitutionnels par la Haute cour constitutionnelle. Il souhaite avant tout la tenue des élections.

Les députés de l'opposition ont prévu de défiler à nouveau dans les rues de la capitale samedi matin. Des rassemblements sont aussi prévus en province.

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