Ligue des champions africaine : les enjeux de la finale retour entre l’Espérance et Al-Ahly

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Vainqueur (3-1) à l’aller, après un match inondé de polémiques, les Égyptiens d’Al-Ahly vont tenter le 9 novembre à Radès de remporter leur neuvième Ligue des champions africaine. Mais l’Espérance Tunis a promis de prendre sa revanche. Retour sur les quatre enjeux de cette finale retour.


  • Un arbitrage forcément sous surveillance

Mehdi Abid Charef, l’arbitre algérien du match aller, est devenu la cible de l’Espérance Tunis et de ses supporters depuis qu’il a accordé deux penalties très litigieux aux Cairotes et transformés par Walid Soliman. Charef, qui bénéficiait de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) – une première en Afrique – a été accusé de corruption par les Tunisiens, lesquels demandent qu’il soit suspendu par la Confédération africaine de football (CAF). L’arbitre, malgré de longues minutes passées à revoir les images, n’a pas changé d’avis.

Les Égyptiens n’ont pas manqué de rappeler que l’Espérance avait bénéficié d’une décision surprenante de l’arbitre zambien, Janny Sikazwe, lors de la demi-finale retour face aux Angolais de CD Primeiro de Agosto (4-2, 0-1 à l’aller). Celui-ci avait en effet refusé un but parfaitement valable à la formation de Luanda, à dix minutes de la fin, alors que le score était de 3-2 pour les Tunisiens. À 3-3, ces derniers auraient dû marquer deux nouveaux buts pour se qualifier.

Après les polémiques du match aller, la prestation de l’arbitre désigné par la CAF sera au centre de toutes les attentions.


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L’Espérance Tunis sera privée de deux de ses meilleurs joueurs vendredi soir à Radès. Il s’agit du défenseur international tunisien Chamseddine Dhaouadi et le milieu camerounais Franck Kom, avertis lors du match aller et suspendus. Des avertissements contestés par les Tunisois, qui ont même tenté auprès de la CAF de faire annuler les deux cartons. Si Ayman Ben Mohamed est désormais opérationnel, la présence d’Haythem Jouini reste incertaine.

« L’Espérance possède des joueurs de grande qualité, elle saura les remplacer », prévient l’entraîneur français Patrice Carteron. Ce dernier devra de son côté composer sans l’attaquant marocain Walid Azaro, suspendu deux matches par la CAF, pour avoir déchiré son maillot afin d’influencer l’arbitre de lui accorder le second penalty de l’aller. L’ancien joueur du Difaâ Hassani d’El Jadida sera remplacé poste pour poste par l’Égyptien Marwan Mohsen. Ahmed Fathy, sorti sur blessure à Borg El Arab au bout de quinze minutes (cuisse), sera absent à Radès, et Mohamed Hani le suppléera. Enfin, Ali Maâloul et Junior Ajayi, blessés depuis plusieurs semaines, ne sont pas du voyage.

  • À l’Espérance de prendre des risques

Al-Ahly, avec deux buts d’avance, part forcément avec un avantage certes important, mais pas insurmontable. Et il faut évidemment s’attendre à ce qu’ils laissent les locaux prendre le jeu à leur compte et procéder en contre.

L’Espérance devra attaquer intelligemment, pour conserver un équilibre

« C’est logique. Ce ne sera pas aux Égyptiens de prendre des risques. Ils possèdent une avance confortable, leur stratégie sera donc assez prudente. L’Espérance devra attaquer intelligemment, pour conserver un équilibre. Car en contre, Al-Ahly peut se montrer redoutable. Au match aller, cette équipe a su se montrer efficace », prévoie Youssef Zouaoui, l’ancien coach des « Sang et Or » (1997-2002 et 2007-2008). Cette année en phase de groupes, les deux formations s’étaient déjà rencontrées. Et Al-Ahly avait gagné à Radès (1-0) après avoir concédé le match nul au Caire (0-0).

La CAF a intérêt à ce que ça se passe bien, dans les tribunes et sur le terrain

  • 50 000 spectateurs, dont 1 500 Égyptiens

Plusieurs avions remplis de supporters d’Al-Ahly sont attendus à Tunis. Les premiers sont arrivés avec l’équipe, dès mardi. Les derniers arriveront le jour du match. Les 1 500 Égyptiens seront installés dans un coin de tribune du stade de Radès. « Je ne m’inquiète pas pour leur sécurité, puisque c’est l’État qui sera chargé de cette question », rassure Youssef Zouaoui. Lors de la demi-finale retour contre le Primeiro de Agosto, de violents incidents avaient opposé des supporters tunisois aux forces de l’ordre. Trente-huit policiers avaient été blessés plus ou moins sérieusement.


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La CAF a, à la grande surprise de Patrice Carteron, l’entraîneur d’Al-Ahly, décidé mercredi 7 novembre de lever la suspension avec sursis qui pesait sur les deux virages de Radès, après les incidents de la demi-finale. « J’avoue que j’ai du mal à comprendre », a commenté le technicien français. « La CAF a intérêt à ce que ça se passe bien, dans les tribunes et sur le terrain. Le match sera retransmis dans de nombreux pays. Imaginez le désastre pour son image si ça devait mal tourner. La police tunisienne a également tout à gagner à bien gérer les supporters des deux camps, et surtout ceux de l’Espérance », prévient une source tunisienne.

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