Libye: la difficile émergence d’un dialogue politique

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Par RFI

Membres d’une milice dans la province de Derna en juin 2015 (image d’illustration).
© REUTERS/Stringer

Khaled al-Mechri était l’un des quatre responsables antagonistes qui ont participé, ce 29 mai, à Paris, à la conférence sur l’organisation d’élections en Libye. Il affirme qu’il est ouvert au dialogue avec toutes les parties libyennes, mais qu’il n’a pas serré la main du maréchal Khalifa Haftar pendant la rencontre de Paris en raison de ce qui se passe à Derna. Cette ville située à l’est du pays vit assiégée depuis plusieurs mois à cause des éléments extrémistes qui se sont imbriqués parmi les habitants.

Le maréchal Khalifa Haftar a lancé le 7 mai 2018 une offensive contre Derna afin d’en chasser les extrémistes qui s’y retranchent. Ses forces y mènent des combats sporadiques.

Pour Khaled al-Mechri, le président du Conseil d’Etat basé à Tripoli, les conditions du dialogue ne sont pas encore réunies, notamment en raison des violences à Derna : « Pour une sortie de la crise en Libye, nous sommes prêts à nous asseoir autour de la table avec toutes les personnes, mais ce que nous refusons c’est de reconnaître la légitimité de Khalifa Haftar. Nous ne refusons pas de résoudre la crise, mais il est très difficile de dialoguer dans les conditions actuelles. »

« Avant de venir à Paris, dit-il encore, nous avons demandé aux Français de n’accorder aucun titre à Khalifa Haftar, ou alors de le désigner comme chef de l’armée Karama (nom de l’opération qu’il a mené en 2014 contre les islamistes à Benghazi, NDLR), ou comme représentant de l’armée à l’est du pays. Nous avons précisé que nous n’acceptons pas qu’il soit le représentant de toute l’armée libyenne. »

« Comme nous n’avions pas trouvé un accord sur le terme, nous avons refusé de signer l’accord. Je n’ai pas serré la main de Khalifa Haftar. Je le ferai quand l’effusion de sang s’arrêtera. L’homme encercle 130 000 civils à Derna. Nous ne serions pas venues à la conférence de Paris si nous n’avions pas obtenu des promesses de l’Etat français pour desserrer l’étau autour de cette ville », conclut Khaled al-Mechri.

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