Législatives tunisiennes: percée des indépendants, abstention record

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Par RFI

Mohamed Tlili Mansri, président de l'Isie, annonce les résultats des élections législatives, le 9 mai à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

L’Isie, l’instance chargée des élections, a annoncé hier soir les résultats des élections municipales qui se sont tenues le 6 mai en Tunisie. Ce sont les premières municipales depuis la révolution. 7212 conseillers municipaux ont été élus dans les 350 municipalités que compte le pays. Et la surprise de ces élections, c’est la percée des listes indépendantes, non affiliées à des partis.

32,9%, soit près d’un tiers des sièges au niveau national. Les listes indépendantes font une entrée remarquée dans les conseils municipaux. En comparaison les deux principaux partis du pays, les islamistes d’Ennahdha et Nida Tounes, ont obtenu respectivement 29,7 et 22,2% des sièges. Et tous deux perdent du terrain : malgré leur débauche de moyens pendant la campagne, ils ont récolté moins de voix que lors des législatives de 2014.

Cette percée des indépendants face aux partis, ajoutée à un taux d’abstention record – 64,4% – montre la lassitude des Tunisiens face au jeu partisan. Alors ces municipales sont-elles le début d'une recomposition de la scène politique en Tunisie ? Rien n'est moins sur.

En effet le mode de scrutin, proportionnel, a éparpillé les voix, alors que les futurs maires doivent être élus à la majorité absolue. Des alliances seront donc inévitables au sein des conseils municipaux. C’est par exemple le cas à Tunis, ou bien à Sfax, la deuxième ville du pays, où Ennahdha est arrivée en tête, certes, mais sans majorité. Dans ce contexte les listes indépendantes n’échapperont pas aux stratégies politiques.

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