Le Kenya sert la vis sur les permis de travail

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Par RFI

Vue du centre administratif de Nairobi, la capitale du Kenya.
© Sam Stearman/Wikipédia

Le Kenya vient de lancer une campagne nationale de vérification des permis de travail. Les expatriés ont jusqu'au 21 juillet pour montrer patte blanche. Pour le gouvernement, il s'agit de remplacer les permis papier par des cartes électroniques, de lutter contre la fraude et de lutter contre le chômage pour ne pas que les étrangers prennent le travail de Kényans. Sauf que l'opération suscite beaucoup d'inquiétude parmi les expatriés.

Fred Matiangi, le très ferme ministre de l'Intérieur, a menacé les étrangers qui ne sont pas en règle d'expulsion voire de prison. Une rhétorique qui a suscité la panique. Depuis, les expatriés viennent en masse faire vérifier leurs documents à l'immigration, créant des files interminables.

« La file est longue. J'ai attendu 4h et je suis très fatigué », dit cet homme anglophone.

Selon le gouvernement, 34 000 permis ont été accordés alors que 100 000 expatriés sont dans le pays. Le pouvoir cherche donc à donner un coup de balai. Pour Augustin Bonniol, directeur d'ABC Expat, société spécialisée dans l'installation des étrangers, le projet pourrait s'avérer salutaire.

« On va vers une professionnalisation des services d'immigration. C'est quelque chose qui est réclamé par les entreprises. Cela va apporter un peu de clarté, réduire l'ambiguïté des fraudes, tout le monde considère l'immigration comme l'administration la plus corrompue du pays. Pour les expatriés, c'est toujours un repoussoir. »

Mais beaucoup d'étrangers travaillent dans l'illégalité et sont très inquiets par l'opération. Comme cet Européen, employé sans permis. « Le permis est très cher et prend beaucoup de temps. Mon entreprise ne pouvait pas se le permettre. On a aussi vu des sociétés faire les démarches pour voir leur demande rejetée, après avoir payé 4 à 5000 dollars. Et cette annonce m'a fait paniquer. Je ne sais pas ce qu'on va faire. Si je sors du pays, je ne sais pas ce qui m'arrivera à la frontière au retour », s'inquiète-t-il.

Pour l'instant, treize personnes ont été arrêtées en possession de faux permis de travail.

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