L’Algérie prête à dialoguer avec le Maroc, mais selon ses propres conditions

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Le ministère des Affaires étrangères algérien a déclaré jeudi 22 novembre vouloir tenir au plus vite une réunion du Conseil des ministres de l’UMA. Tout en éludant la question du Sahara Occidental, à deux semaines d’un rendez-vous de l’ONU sur le sujet à Genève.


« L’Algérie a saisi officiellement le Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe, pour l’appeler à organiser dans les délais les plus rapprochés une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union du Maghreb Arabe », annonce ce jeudi un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, cité par l’agence d’Etat Algérie presse service (APS). « Cette demande a été portée à la connaissance des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union », ajoute le texte.


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La diplomatie algérienne évoque la nécessité de relancer « l’édification de l’ensemble maghrébin et de la réactivation de ses instances », une « conviction intime et maintes fois exprimée » par le pays, insiste le communiqué. Qui ne mentionne, à aucun moment, la réunion à venir les 5 et 6 décembre à Genève, autour du sort du Sahara Occidental – à laquelle le Maroc et le Front Polisario sont invités en tant qu’acteurs, quand la Mauritanie et l’Algérie s’assiéront autour de la table comme observateurs.

Préférence pour le multilatéralisme

Le ministère algérien des Affaires Étrangères se réfère, lui, aux « conclusions du dernier Sommet extraordinaire de l’UA des 17 et 18 novembre 2018, sur les réformes institutionnelles de l’organisation continentale, qui a accordé un intérêt particulier au rôle des communautés économiques régionales dans les processus d’intégration des pays africains ».

« La relance des réunions du Conseil des ministres, à l’initiative de l’Algérie, est de nature à introduire un effet catalyseur susceptible de redynamiser les activités des autres organes de l’UMA », conclut le texte.

Difficile de ne pas y voir une réponse en creux à l’appel de Mohamed VI à nouer un dialogue « direct et franc »

Comment interpréter ce communiqué ? Après le message d’Abdelaziz Bouteflika à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance du Maroc, la diplomatie algérienne propose une nouvelle initiative au travers de l’UMA, et de l’UA, réaffirmant ainsi sa préférence pour le multilatéralisme. Une position déjà martelée par Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères, à la tribune de l’ONU fin septembre.

Difficile de ne pas y voir une réponse en creux à l’appel de Mohamed VI, mardi 6 novembre, à nouer un dialogue « direct et franc ». Alger n’y a jamais officiellement réagi – c’est un « non-événement » a indiqué en off une source à nos confrères de Tout sur l’Algérie (TSA) – , mais le pays tient à signaler qu’il est prêt au dialogue, à ses conditions. La première étant le refus de « bilatéraliser » le conflit entre Algérie et Maroc. La seconde étant la reconnaissance au « peuple sahraoui » de « son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination », selon les propres mots de Messahel.

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