La Libye veut réactiver des accords économiques avec la Russie

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Par RFI

Vue générale du terminal de pétrole et de gaz de Mellitah, dans la ville portuaire de Zouara, à l’ouest de la Libye, le 6 janvier 2015.
© AFP PHOTO / MAHMUD TURKIA

Le ministre libyen des Affaires étrangères du gouvernement d’union nationale, Mohamad Taher Siala, a effectué une visite à Moscou qui s’est terminée jeudi dernier. Moscou cherche, depuis des années, à redonner vie à plusieurs anciens contrats signés avec la Libye de Mouammar Kadhafi mais qui sont bloqués depuis le changement de 2011. Le responsable libyen considère que la compensation des pertes russes pour ces contrats non-honorés se fera moyennant les signatures des nouveaux accords avec la Russie.

Avant 2011, la Russie possédait de très grands investissements en Libye. Ils sont estimés à plus de 15 milliards de dollars et se situent d’abord dans le domaine de l’énergie. Gazprom a investi des milliards pour découvrir et extraire le pétrole et le gaz libyen. Dans le domaine des armements, un contrat de 4 milliards doit toujours attendre la levée de l’embargo de l’ONU sur les ventes d’armes à la Libye. Des contrats existent aussi dans plusieurs autres domaines.

Moscou a reproché aux gouvernements successifs de Tripoli de ne pas honorer les engagements de l’Etat libyen vis-à-vis de ces contrats, mais sans succès.
Aujourd’hui, le ministre libyen des Affaires étrangères, cherchant à éviter un conflit, discute l’avenir de ces contrats et les conditions de les réactiver. Il fait miroiter aux Russes la possibilité de nouveaux contrats, en plus de l’activation d’anciens contrats signés avant 2011. « Moscou a des intérêts en Libye dans l’avenir » déclare-t-il.

Il évoque comme exemple, un nouveau contrat pour l’exportation des céréales, et surtout le blé dont la Russie est passé premier producteur au monde. Un des premiers accords rediscutés est celui signé en 2008 pour 2.2 milliards d’euros. Il concerne la ligne de chemin de fer à grande vitesse. Cette ligne devait relier Syrte à Benghazi dans l’est du pays sur 550 km.

En contrepartie des discussions de ces contrats, les Libyens réclament l’aide des Russes à l’ONU afin de pouvoir gérer eux-mêmes les fonds libyens gelés à l’étranger sur décision du conseil de sécurité, depuis 2011, en raison du conflit qui divise le pays.

Le responsable libyen a entamé une série de négociations avec les membres permanents au Conseil de sécurité de l’ONU, pour que son pays obtienne ce droit de gérer l’argent libyen. « Nous avons perdu plus d’un milliard et demi de dollars dans la gestion de cet argent gelé, objecte le ministre libyen. C’est un droit qui nous revient, nous n’allons pas toucher à cet argent gelé, nous allons juste mieux le gérer et nous souhaitons l’amendement de cette décision de l’ONU » a-t-il déclaré à une chaîne russe.

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