Kenya: une étude souligne le potentiel économique d’un camp de réfugiés

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Par RFI

Un réfugié sud-soudanais dans le camp de Kakuma en 2015.
© REUTERS

Pour la première fois, une étude d’un camp de réfugiés comme s’agissant d’un marché économique a été menée. Au Kenya, la Société financière internationale, membre du groupe de la Banque Mondiale, en partenariat avec le HCR, a étudié la ville kenyane de Kakuma et son camp de réfugiés sud-soudanais soit une population d’environ 250 000 personnes. L’enquête passe au crible l’emploi, les revenus, la consommation, les secteurs d’activité des réfugiés et des locaux. L’étude démontre que Kakuma offre une formidable opportunité au secteur privé pour développer la zone.

Les dépenses des 250 000 personnes de la zone s’élèvent à 56 millions de dollars par an. Le camp lui-même compte 2 000 entreprises, de la petite boutique à la société pesant plusieurs millions de dollars. Ces statistiques et bien d’autres sont pour la première fois compilées. Pour Michel Botzung, manager à la Société financière internationale, cela démontre un fort potentiel pour les investisseurs.

« Notre hypothèse, c’est que cela incitera un certain nombre d’acteurs – le secteur privé ici, au Kenya, est très dynamique – à considérer cette zone où ils ne sont pas présents aujourd’hui. Ce que nous avons voulu faire, c’est vraiment combler un des manques dans le marché, c’est-à-dire le niveau d’information nécessaire pour que ce type d’opérateurs considèrent à aller là-bas », a-t-il déclaré.

La province du Turkana est l’une des plus pauvres du Kenya. Pour son gouverneur, Josphat Nanok, l’arrivée d’investisseurs aura des bénéfices à la fois économiques et humains : « Nous recherchons d’abord à attirer des investisseurs kenyans, dans les domaines de la santé, des infrastructures et des services. Cela améliorera la croissance, l’emploi et aidera à combattre la pauvreté. Réfugiés et Kenyans se mélangeront, les Sud-Soudanais se sentiront davantage chez eux et les locaux verront qu’ils bénéficient tout autant de ces progrès. »

De son côté, Raouf Mazou, représentant du HCR au Kenya, y voit un intérêt humanitaire pour aider les réfugiés à devenir autonomes.

« Nous avons des situations de réfugiés qui durent de plus en plus longtemps. Kakuma existe depuis 27 ans ; il n’est pas possible d’imaginer que l’on fournisse une assistance humanitaire pendant 27 ans. On doit essayer de faire en sorte qu’ils puissent vivre de leurs revenus », a-t-il précisé.

Montrer le poids économique des réfugiés, un argument qui pourrait être utilisé à travers le monde lorsqu’un pays cherche à les expulser de son territoire.

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