Guinée : Sékou Touré, le meilleur, le pire et ce qu’il en reste

0
126

Icône du panafricanisme pour les uns, autocrate paranoïaque et sanguinaire pour les autres, le père de l’indépendance était un personnage ambivalent. Autant que l’est son héritage.

La première fois que j’ai foulé le sol guinéen, c’était en 2007, sous la présidence de feu Lansana Conté, dans le cadre d’un reportage sur les victimes du camp Boiro.

À l’époque, Thierno Diallo Telli, fils de l’ancien ministre des Affaires étrangères (et premier secrétaire général de l’OUA), disparu dans les geôles de « Sékou », m’avait – on le comprend – dressé une image des plus sombres du régime d’Ahmed Sékou Touré.

Je me souviens de la maison ronde du ministre martyr sur la corniche, où son fils, qui était devenu un ami, ne cessait de ressasser. « Vers 18 heures, le téléphone a retenti. C’était le président qui voulait parler à mon père. Papa avait filé au palais avec un dossier sous le bras. D’après des témoins, il y a eu une dispute entre eux. “Je n’aime pas ceux qui cherchent à me surprendre !”, avait menacé Sékou. “Mais qui cherche à vous surprendre président ?”, avait dit mon père.

Et Sékou Touré avait alors répondu froidement : “Bonsoir, Telli.” C’était le 18 juillet 1976. Nous ne l’avons jamais revu. » À près de 60 ans, Thierno Diallo Telli pleurait encore. Il est mort en 2016 d’une longue maladie, de tristesse aussi.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici