Gambie: le «système à billes» pourrait disparaître dès les prochaines élections

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Par RFI

Jusqu'à maintenant, la Gambie utilisait des bidons dédiés à chaque candidat afin que chaque électeur y glisse une bille correspondant à son vote lors des élections.
© SEYLLOU / AFP

La Gambie a terminé son cycle d'élections. Près de 900 000 électeurs étaient appelés aux urnes ce samedi 12 mai pour choisir les maires des Conseils locaux. 38 candidats se présentaient pour huit sièges, un dans chaque région administrative du pays. Une élection marquée par un faible taux de participation. Déjà le mois dernier, lors de l'élection des conseillers locaux, seuls 34% des inscrits sur les listes électorales s'étaient déplacés pour aller voter. Cette élection marque probablement aussi la fin du système de billes propre à la Gambie. La Commission électorale gambienne entend se débarrasser de ce système.

Dawda Sowe distribue peut-être pour la dernière fois des billes dans ce bureau de vote près de Banjul. « Si votre nom est ici, dans le registre, on fait une marque à l'encre sur votre doigt, on vous donne une bille, et vous allez dans l'isoloir. A l'intérieur, il y a les bidons pour voter, chaque candidat en a un. Et chaque bidon a une cloche, donc on entend un bruit quand la bille tombe », explique-t-il.

Certains électeurs, comme Jainaba, regrettent que tout ce processus devienne bientôt un simple souvenir. « Je préfère vraiment les billes. Pourquoi vouloir copier les autres, alors que cela fonctionne bien pour nous ? C'est très simple, et très transparent », affirme-t-elle.

Mais d'autres souhaitent tourner la page d'un système qu'ils jugent dépassé, comme Djibril, lui aussi venu voter. « C'est un vieux système, et je pense que la Gambie devrait s'adapter à ce qui existe maintenant. Ce n'est pas triste, ce sera mieux. Il faut que l'on accepte le changement quand il vient », déclare-t-il.

Selon le président de la Commission électorale, Alieu Momarr Njai, la Gambie n'a pas le choix, elle doit passer au bulletin papier. « En termes de logistique et de coûts, c'est un cauchemar. Imaginez que nous avons plus de mille bureaux de vote. Et pour chacun d'eux, il y a en moyenne sept ou huit candidats. Tous ces bidons que cela représente, tous ces sacs de billes, et le matériel pour compter, peut être remplacé par un simple bout de papier », détaille-t-il.

Le changement de système devra d'abord être approuvé par l'Assemblée nationale. Il pourrait ensuite s'appliquer lors de la prochaine élection présidentielle.

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