Gabon: l’audiovisuel public en grève depuis une semaine

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Par RFI

Radio Gabon et Gabon Télévision sont en grève depuis une semaine.
© Photo by liewig christian/Corbis via Getty Images

Au Gabon, l’audiovisuel public – qui emploie plus de 700 personnes – est en grève depuis lundi 30 avril. Radio et télévision ont cessé d’émettre pour protester contre le non-paiement de leur arriéré de salaire, mais surtout pour dénoncer ce qu’ils estiment être de l’ingérence du pouvoir dans leur travail.

Depuis ce lundi, Radio Gabon et Gabon Télévision ne diffusent plus aucune émission. Les deux chaines d’informations sont réduites au service minimum, avec seulement deux journaux télévisés quotidiens.

Pour Edgard Ndziembi Doukaga, vice-président du syndicat des professionnels de la communication, il s’agit de protester contre les salaires impayés, la vétusté du matériel et surtout l’ingérence du gouvernement dans la ligne éditoriale, qui selon lui nuit à la crédibilité du service public. Il rapporte que « sur les sujets politiques, essentiellement, il est arrivé que le ministre intervienne pour qu’un élément concernant une activité d’un parti de l’opposition soit retiré de la diffusion. Et ce à plusieurs reprises ».

Le syndicaliste dénonce une « ingérence qui fait que les journalistes n’arrivent plus à exercer correctement leur travail en toute liberté ». Ce qui, en conséquence « impacte la crédibilité des médias ».

Le ministère nie toute ingérence

Faux, rétorque le ministre de la communication, Alain-Claude Bilie By Nze, qui dit défendre le droit des gabonais à avoir une information de qualité. « Les médias publics sont liés à l’Etat par un cahier des charges, au Gabon comme ailleurs. Et donc nous veillons simplement à ce que ce cahier des charges soit respecté », affirme-t-il.

Le ministre réfute toute « ingérence pour retirer quoi que ce soit ». D’après lui, « ceux qui le disent viennent à peine de revenir à la radio. Pour certains d’entre eux, ils étaient dans des cabinets ministériels où ils étaient bien heureux de relayer les messages de leurs ministres. Nous avons mis un terme à cela, parce que l’audiovisuel public ne peut pas être le lieu pour relayer les dons que les uns et les autres font dans leur village ».

Les deux parties ont entamé des négociations.

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