Gabon: à Libreville, la nouvelle hausse du prix du carburant et du gaz passe mal

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Par RFI

Chez les conducteurs de taxi (ici dans une rue de Libreville), la hausse du prix du carburant inquiète.
© Flickr / Ryan / Creative Commons

Au Gabon, les populations et les transports supportent mal une nouvelle hausse des prix du carburant, du gaz butane et du pétrole lampant. Depuis mai 2015, les prix sont revus à la hausse chaque mois, mais beaucoup estime que l'augmentation au 1er juin est trop forte.

En deux ans, le litre de gasoil est passé de 470 à 635 francs CFA (de 0,72 euro à 0,97 euro). Celui de l'essence de 530 à 670 francs CFA (de 0,81 euro à 1,02 euro). Le pétrole lampant de 275 à 375 francs CFA (de 0,42 euro à 0,57 euro) et le gaz butane de 4 550 à 5 950 francs CFA (de 6,94 euros à 9,07 euros).

Cette hausse des prix du carburant est au centre de toutes les conversations à Libreville. Notamment chez les taximen du terminus de la cité Damas, dans le quatrième arrondissement. « J’ai payé déjà le carburant au nouveau prix. Vraiment ça ne nous arrange pas du tout, avec toutes les taxes à payer ». « Si on augmente aussi les tarifs, est-ce que l’Etat va nous l’accorder ? » lance un chauffeur. Plus résigné, un autre estime qu’ils n’ont « pas le choix, il faut subir ».

Même inquiétude dans les foyers

Les familles aussi sont ébranlées par la hausse du prix du pétrole lampant et du gaz butane. Deux produits qui ont souvent été épargnés de la spéculation. « S’il y a l’emploi, on peut payer les 6 000 francs (9,15 euros) de gaz qu’ils demandent. Mais s’il n’y a pas d’emploi, on va payer avec quoi ? » s’insurge un homme.

« Il y a déjà la crise, on doit augmenter le prix du gaz. Pourquoi ? » s’interroge pour sa part une Librevilloise. « On ne peut pas augmenter les tarifs comme ça sans d’abord consulter la population », estime-t-on dans la rue.

Les syndicats prêts à dégainer

Les associations et syndicats promettent une riposte contre ces augmentations. Ibrahim Sendjet Mboulou, président de l'Organisation gabonaise des consommateurs (OGC), estime que « la situation est grave pour le consommateur gabonais ». « Nous allons mener des actions fortes », prévient-il.

« Nous annexons les prix sur les cours du baril », a expliqué Bernadin Mvé Assoumou, directeur général des Hydrocarbures : « Cette indexation fait que lorsque les cours du pétrole brut augmentent, les prix à la consommation doivent augmenter ».

Depuis mai 2015, le Gabon, sous la pression de la Banque mondiale, a arrêté de subventionner les carburants.

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