Fonds libyens: des activistes africains demandent des comptes à leurs présidents

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Par RFI

Des dinars libyens à l'effigie de Mouamar Khadafi en 2011 à la Banque centrale de Tripoli.
© PATRICK BAZ / AFP

Le gouvernement libyen de Fayez el-Sarraj a dit aux Etats africains: « Remboursez-nous ». Remboursez les prêts octroyés par l'Etat libyen ou ses banques sous les années Kadhafi. Les gouvernements se taisent, mais les sociétés civiles, comme au Niger et au Congo, s'emparent du dossier et demandent des comptes sur l'utilisation des fonds libyens.

Durant son règne, le Guide libyen maniait habilement prêts bancaires, valises de pétrodollars et prises de participation dans les télécom, l'hôtellerie, etc.Fayez el-Sarraj, le Premier ministre libyen, avance le montant de 67 milliards de dollars prêtés, de banque à banque, à l'Afrique et au monde arabe.

Une grande partie de cette somme a ainsi été prêtée aux pays africains, parmi lesquels l'Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie, la Côte d'Ivoire, le Niger ou l'Ouganda.

En attendant les réactions dans les capitales africaines à cette demande de Tripoli, les sociétés civiles réagissent et demandent des comptes sur l'utilisation des fonds libyens.

Au Niger, le secrétaire général du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable (MPCR), Nayoussa Djimrao, interpelle les dirigeants concernés. « Il appartient aux présidents en exercice de voir comment étaient utilisées ces ressources empruntées par les chefs d’Etat et de rendre tout. Parce que la Libye était quelque part une vache à lait pour nos Etats. Nos gouvernements actuels doivent vérifier l’essentiel de cette information. A quoi correspondent les montants ? Quelle était la destination ? A combien s’élèvent les montants ? »

Un bureau libyen au Congo Brazzaville

La tâche ne s’annonce pas aisée car depuis 2011, des sociétés à participation libyenne ont été soit liquidées soit nationalisées. Plusieurs procédures judiciaires sont cependant engagées pour le retour de tout ou partie de ces fonds dans les caisses de la Banque centrale, restée loyale à Sarraj.

En attendant, au Congo Brazzaville, le collectif Sassoufit, collectif de contestation pacifique issu de la société congolaise, demande également des comptes au président Denis Sassou Nguesso. « En 1989, il y avait au Congo un bureau libyen à travers la Société congolaise arabe libyenne des bois, Socalib, qui était dirigé par un Libyen Mohammed Hammali, se rappelle Andrea Papus Ngombet, membre du collectif. Donc ce que nous pouvons demander, c’est justement la transparence à Monsieur Sassou. Mais il faut savoir que cet argent, malheureusement pour la Libye, n’a pas servi qu’à faire le bien. »

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