Enquête : le mystérieux « Dr Aziz », du Maroc au Gabon

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Le PDG de la Satram, Mustapha Aziz est au cœur d’un imbroglio judiciaire mêlant héritage, abus de faiblesse et conflits familiaux. Mais qui est vraiment ce septuagénaire dont l’ombre continue de planer sur nombre de palais présidentiels du continent ? Portrait exclusif.


Début août, Port-Gentil. Les employés de la société Satram, en redressement judiciaire, ne décolèrent pas. Depuis plusieurs mois, ils multiplient grèves et sit-in devant le siège de leur employeur, qui accumule les retards (jusqu’à douze mois) de paiement des salaires. En août 2017 déjà, ils avaient réclamé quinze mois d’arriérés à leur entreprise, spécialiste en logistique pétrolière et active au Gabon depuis plus de trente ans. Mais savent-ils que leur sort est suspendu à des décisions de justice au Gabon, au Maroc et en France ?

Derrière les déboires des employés gabonais se cache une guerre de succession entre la famille de Lahcen Jakhoukh, cofondateur du groupe marocain Satrammarine, et un certain Mustapha Aziz, qu’elle accuse de l’avoir dépossédée de son héritage, estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.

Docteur « très procédurier »

Depuis le décès du patriarche, le 9 juin 2015, à Paris, le conflit de succession a été porté devant les tribunaux. La famille conteste plusieurs documents – testament et reconnaissance de dette – signés de la main du défunt et qui instituent Mustapha Aziz comme son légataire universel. Lui proteste de sa bonne foi.

Né en 1942 à Taroudant, au Maroc, Mustapha Aziz a servi d’intermédiaire un peu partout sur le continent, du Zaïre de Mobutu au Maroc de Mohammed VI. « Quand vous citez son nom à la DGSE [services de renseignement français], tous les voyants sont au rouge. » L’expression, livrée avec un sourire par un proche de ladite agence, est sans doute exagérée. Mais elle en dit long sur le personnage.

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