En Tunisie, une série de caméras cachées crée la polémique

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Par RFI

L'homme politique tunisien Abderraouf Ayadi (ici le 26 avril 2012) a porté plainte contre l'émission Shalom.
© FETHI BELAID / AFP

Des personnalités artistiques, politiques ou sportives y sont invitées à collaborer avec Israël en échange d’importantes sommes d’argent. Les réactions ont été aussi rapides que virulentes.

En Tunisie, les caméras cachées appartiennent au patrimoine culturel du mois de ramadan. Mais cette année, la série « Shalom » a franchi la ligne rouge.

Sur fond d’images d’actualité, le téléspectateur rejoint une villa cossue où une personnalité est accueillie par de faux représentants d’Israël, avec qui la Tunisie a rompu ses relations diplomatiques en l’an 2000. Dans un salon chic, un homme déguisé en rabbin demande à son hôte de lui vendre ses services. Un célèbre entraîneur de football a inauguré la série, dimanche soir : il a accepté de travailler en Israël.

Le lendemain, c’est un homme politique et avocat, Abderraouf Ayadi. Rapidement excédé, il veut quitter les lieux, mais un faux garde du corps, pistolet à la ceinture et l'air menaçant, apparaît alors à l’image. M. Ayadi, chef du parti Wafa, a porté plainte contre l'émission. « Une grande pression a été exercée sur moi, j'étais terrifié », a-t-il assuré sur la radio privée Mosaïque FM.

Chaque jour, ce quart d’heure d’émission se termine par des rires et des applaudissements quand le voile tombe sur la supercherie. Pourtant, l’exercice est loin d’une partie de rigolade.

Le public a d’abord été ému par ce que des internautes ont appelé des trahisons.
Puis le ton a changé. C’est le concept même qui est pris pour cible. « Télé poubelle, émission de la honte »… Même le syndicat des journalistes appelle à son boycott, dénonçant un dénigrement systématique des invités.

Les épisodes diffusés ont attisé haines et polémiques. Envers Israël. Envers les personnalités accusées de vendre leurs âmes. Mais surtout envers la production de cette émission dont la volonté de faire du buzz et de l’audimat semble ne connaître aucune limite, en témoigne l’accumulation de menaces de morts et dépôts de plaintes.

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