Électricité : comment le Nigeria a saboté sa réforme

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Cinq ans après la privatisation du secteur, le géant ouest-africain subit des coupures à répétition. Faute d’avoir pris des sanctions contre les distributeurs et d’avoir fixé un tarif économiquement viable, l’état est le premier responsable de cet échec.

Lors de l’Africa Energy Forum (AEF), organisé fin juin à Maurice, le Burkinabè Siengui Ki, secrétaire général du Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (EEEOA), était très demandé. Les acteurs du secteur dans la zone veulent savoir quand l’EEEOA leur permettra d’acheter ou vendre de l’énergie depuis n’importe quel point connecté au réseau. Parmi les plus impatients, le Nigérian David Ladipo, cofondateur d’Azura Power. « Sa » centrale à gaz de 450 MW, Azura-Edo, est le premier producteur indépendant, entièrement financé par des fonds privés, sorti de terre depuis la privatisation du secteur électrique – production et distribution –, en 2013.

Le projet, démarré il y a huit ans, a réclamé 700 millions de dollars d’investissement et devrait générer ses premiers mégawatts d’ici à la fin de l’année. Le hic, c’est que David Ladipo n’est toujours pas certain de parvenir à les vendre. Avec 12,5 GW de capacité installée à travers 26 centrales, fonctionnant essentiellement au gaz, « le système électrique nigérian a multiplié par cinq sa capacité de production depuis le début de la réforme, mais, dans le même temps, la puissance de son réseau de transmission et de distribution n’a pratiquement pas augmenté. Cela agit comme un goulet d’étranglement, et les centrales sont forcées de tourner au ralenti », observe, un brin dépité, Dayo Idowu, avocat spécialiste du secteur électrique chez DLA Piper, à Lagos.

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