[Édito] « Voler l’État, c’est voler personne »

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Relecture d’été (parisien) : une livraison presque vingtenaire de l’excellente revue Politique africaine consacrée à « La corruption au quotidien »*. Et là, surprise : ce voyage anthropologique au pays des dessus et dessous de table, de l’argent du taxi, du prix de la cola, du gombo glissant, de la bière fraîche et de tout ce qui peut mouiller le riz, n’a pas pris une ride, tout comme hélas demeurent d’actualité mes premières observations de journaliste débutant sur ce très vaste chapitre, il y a quatre décennies.


Les admonestations des bailleurs de fonds, les classements de Transparency International, les index Mo Ibrahim, les sommets de l’Union africaine ou les alternances au pouvoir se succèdent, rien n’y fait. Dans la quasi-totalité des pays africains, pas un jour sans qu’une « affaire » fasse son apparition à la une des médias – et encore, il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg. Et partout, les mêmes procédures de détournement, les mêmes petits arrangements, les mêmes combines, le même clientélisme, la même impunité, la même démission des élites… Et la même impuissance des trop rares fonctionnaires honnêtes.

De la simple « gratification » (délicat euphémisme pour « racket ») à la commission obligatoire, en passant par la rétribution d’un service public en principe gratuit, le mal est toujours aussi systémique. La corruption, c’est comme l’herpès : on la soigne, on en atténue

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