Djibouti observe avec intérêt la main tendue de l’Ethiopie à l’Erythrée

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Par RFI

Le cap de Doumeira (Ras Doumeira) et les îles du même nom, à la frontière entre Djibouti et l'Erythrée, est une source de tension entre les deux pays.
© Wikimedia Commons / Archer90

L’annonce avait été vue comme un pas important vers la pacification de la Corne de l’Afrique. Il y a une semaine, l’Ethiopie a tendu la main à son voisin l’Érythrée et annoncé qu’il mettrait totalement en œuvre l’accord d’Alger de 2000 ainsi que les conclusions de la commission sur la démarcation de la frontière. Une avancée suivie de près par un autre voisin, Djibouti, qui a aussi un litige frontalier avec l’Érythrée.

C’est avec une satisfaction mêlée de méfiance que Djibouti a accueilli la proposition éthiopienne. Mahmoud Ali Youssouf espère que l’Érythrée acceptera la main tendue d’Addis Abeba. Quant au conflit entre Asmara et Djibouti, le chef de la diplomatie djiboutienne estime que la balle est dans le camp érythréen.

Les deux pays sont en conflit pour la région frontalière de Ras Doumeira. Médiateur de la crise, le Qatar avait déployé des soldats sur une zone tampon. Mais Doha s’est retiré il y a un an. L’armée érythréenne en avait profité pour prendre le contrôle du secteur.

« Nous avons toujours prôné le dialogue. Nous ne refuserons pas un nouveau médiateur. Mais l’Érythrée doit être de bonne foi », explique Mahmoud Ali Youssouf. Le chemin semble long avant un rapprochement et Djibouti se dit prêt à défendre ses intérêts. « L’Érythrée n’a jamais respecté les résolutions de l’ONU et organise des opérations de déstabilisation », indique Daoud Houmed, porte-parole Europe de la majorité au pouvoir.

Djibouti accuse régulièrement son voisin de mener des attaques. Dernier exemple : le 5 juin dernier, lorsque des engins de chantier ont été brûlés près de Tadjourah. « C’est sûr que ça ne favorise pas des négociations et nous ne cèderons pas aux intimidations », a réagi Daoud Houmed.

Il y a deux ans, Asmara avait pourtant relâché quatre soldats djiboutiens prisonniers. Mais Djibouti exige la libération inconditionnelle de 13 autres militaires manquant toujours à l’appel.

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