Côte d’Ivoire : Kong, capitale d’un empire disparu devenue le fief electoral d’Alassane Ouattara

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Le parti d’Alassane Ouattara y a recueilli 100% des suffrages lors des élections municipales du 13 octobre. À Kong, capitale d’un empire aujourd’hui disparu, la famille du président règne en maître. Et gare à ceux qui voudraient sortir du rang.


Fabakary Ouattara se désespère encore du non de ses aïeux. Au début du siècle dernier, « les vieux » ont refusé que le train des colons passe par Kong. C’était trop neuf, trop inconnu. À l’époque, on ne contrariait pas les puissants habitants de la ville : le chemin de fer a donc été construit à 90 km plus à l’ouest, à Ferkessédougou. C’est là désormais que se tient le marché, que se construisent des immeubles, que passent les camions et que s’arrête le bitume.

Pour aller à Kong, il faut encore deux bonnes heures sur une piste de latérite cahoteuse. La route est déserte : plus personne, ou presque, ne se rend dans ces confins du grand Nord ivoirien. La capitale de l’ancien empire de Kong est devenue une petite bourgade endormie de quelques milliers d’âmes. Seules ses deux mosquées soudanaises en pisé rappellent sa grandeur passée. Difficile d’imaginer que, au XVIIe siècle, son fondateur, l’intraitable Sekou Ouattara, régnait sur un territoire qui s’étendait jusqu’à l’actuel Burkina Faso et sur une partie du Mali.

« De tout temps, les Ouattara sont nés pour gouverner », assure Fabakary Ouattara

La fierté n’a pourtant pas quitté ses habitants : c’est bien un descendant du roi Sekou qui dirige aujourd’hui le pays. « On savait qu’un jour Alassane arriverait à la tête de l’État. Il était fait pour ça. De tout temps, les Ouattara sont nés pour gouverner », assure Fabakary, le chef du village.

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