[Chronique] Algérie : Dieu est grand, Bouteflika en profite

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Abdelaziz Bouteflika sera-t-il toujours président dans un an ? Pour le maintenir au pouvoir, ses aficionados n’hésitent pas à convoquer des figures saintes…


Elle semble bien révolue, l’époque du culte de la personnalité politique où plus c’était gros, plus ça passait. Dans les années 1970, qui disait « glorification » suggérait carrément « déification ». Mais depuis le Togolais Gnassingbé Eyadema, que ses thuriféraires n’hésitaient pas à qualifier d’ « élu de Dieu », la convocation du divin se fait rare.

Qu’à cela ne tienne : dans leurs logorrhées panégyriques, les encenseurs professionnels se sont résignés à descendre d’un cran. À défaut de sa mère, on tète sa grand-mère, instruit la pensée populaire africaine ; à défaut de Dieu, on invoque ses prophètes, renchérit la nouvelle communication politique algérienne…


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À l’approche d’une élection présidentielle à laquelle le sortant ne semble pas avoir renoncé – sinon par un report éventuel du scrutin – , le coordinateur du Front de libération nationale (FLN) a donc embouché la trompette du parallèle entre président et prophète.

Patriarche ou sacrificateur ?

Invoquer Mohamed en dehors des prières faisant souvent grincer des dents, Mouad Bouchareb a « casté » la figure centrale du Livre de la Genèse, personnage historique qui peut se targuer de figurer en tête des génériques de textes saints juif, chrétien et musulman. Le 15 décembre dernier, il a comparé le chef de l’État algérien au prophète Abraham (Ibrahim), patriarche susceptible de faire oublier l’âge d’un Abdelaziz Bouteflika sacralisé.

Abraham est celui qui n’hésitait pas à sacrifier ses proches si on lui demandait. À quand l’Aïd al-Adha politique ?

D’ailleurs, le nom « Abraham » ne se traduit-il pas littéralement par le très présidentiel « père d’une multitude de nations » ? Comme justification de cette analogie, Bouchareb explique que le dirigeant actuel de l’Algérie « a prié Dieu comme l’a fait le prophète Abraham quand il a demandé au seigneur de protéger son pays ».

En rotation satellitaire autour du régime mais fébriles à l’idée d’une candidature fragilisée de Bouteflika, certains caciques pourraient lire un sous-texte dans cette comparaison : Abraham est celui qui n’hésitait pas à sacrifier ses proches si on lui demandait. À quand l’Aïd al-Adha politique ?

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