Cameroun : dernier bilan avant inventaire

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À la veille de l’élection présidentielle, l’économie du poids lourd de la zone Cemac peut encore croire à une embellie. En dépit d’un environnement incertain et du manque d’implication du chef de l’État, ultrafavori du scrutin du 7 octobre.

La perplexité se lit sur les visages. « Il n’y a pas d’argent dehors ! (sic) » La phrase revient en boucle, y compris dans les milieux d’affaires où l’on s’inquiète des difficultés de Yaoundé à payer ses factures. « Le cas le plus frappant est Hysacam [Hygiène et salubrité du Cameroun, ndlr], qui a du mal à ramasser les ordures qui s’amoncellent dans les rues, car l’État n’arrive pas à honorer ses engagements. On pourrait multiplier les exemples dans d’autres domaines », peste un chef d’entreprise dans les BTP ayant requis l’anonymat.

Conséquence, la dette intérieure s’accroît au point de préoccuper le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam). En avril, le ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, a certes consenti un effort de 42 milliards de F CFA (64 millions d’euros) envers les PME, cela demeure toutefois insuffisant au regard des 750 milliards de F CFA en souffrance.

Mais, à la veille de la présidentielle du 7 octobre, les sujets économiques semblent être passés au second plan.


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Certes, les principaux challengers de Paul Biya, 85 ans, au pouvoir depuis 1982, multiplient les promesses. Akere Muna veut doubler le taux de croissance actuel au cours de la prochaine décennie. Maurice Kamto fait miroiter l’électricité à 80 % des ménages, quand Joshua Osih compte prendre diverses mesures pour que l’accès au crédit atteigne le taux de 35 % du PIB en trois ans. Si l’on ne voit pas bien comment ils comptent parvenir à leurs fins, chacun a au moins l’ambition de fixer un cap et d’avancer des objectifs chiffrés.

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