Burundi: référendum constitutionnel, pas encore de résultats mais peu de suspense

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Par RFI

Une femme vote à Ciri, dans le nord du Burundi, à l’occasion du référendum constitutionnel, le 17 mai 2018.
© STR / AFP

Les Burundais ont voté ce jeudi 17 mai lors d’un référendum contesté qui devrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester aux affaires avec les pleins pouvoirs jusqu’en 2034. Un scrutin qui s’est déroulé globalement dans le calme et qui a connu une forte affluence, selon la Céni et des témoins. Personne ne sait pour le moment quand les résultats seront proclamés, mais aucun suspens n’entoure un processus entaché de violences, dans ce pays qui traverse déjà une crise née de la volonté du président de briguer un troisième mandat.

Pas de prolongation dans les bureaux de vote. La Commission électorale nationale indépendante du Burundi a décidé qu’ils fermaient à 16h00 locales comme prévu.
Les électeurs ont afflué très tôt, certains bureaux affichaient à la mi-journée un taux de participation qui tournait autour de 70%, selon un site web proche du pouvoir. Mais la Céni n’a pas voulu donner de toute la journée de chiffre sur la participation à un scrutin crucial pour le pays.

Le parti au pouvoir avait appelé à voter dès l’aube, mais tout le monde n’est pas venu nécessairement de gaieté de coeur. L’administration et les Imbonerakure, les jeunes du parti au pouvoir que l’ONU qualifie de milice, sont passés de maison en maison en obligeant les traînards à aller voter.

Ensuite, le CNDD FDD s’est fécilité de l’afflux des électeurs aux bureaux de vote. Et pour le secrétaire général adjoint du parti au pouvoir, Joseph Ntakarutimana, le 17 mai restera dans la mémoire des Burundais. Pour lui, c’est un grand jour. « Les articles qui ont été amendés au niveau de la Constitution vont changer l’histoire, vont changer l’avenir de ce pays. Il est vrai que depuis 2015, il y a eu toute une campagne qui fait croire au monde que c’est lui [P. Nkurunziza, ndlr] le mal burundais. C’est une campagne mensongère. En donnant l’image d’un chef d’Etat qui va rester là toute sa vie, c’est une façon de dire “on l’a raté en 2015, maintenant aidez-nous à le chasser”. C’est une Constitution qui tient compte de l’avenir de tout un peuple, de tout un pays. Il y a des articles de la Constitution qui étaient là, qui constituent un blocage réel pour la prise de certaines décisions. Maintenant que ces blocages vont disparaître, cela va permettre une administration qui soit plus aisée qu’avant. »

Le dépouillement des bulletins de vote a tout de suite commencé, mais la Céni ne devrait proclamer les résultats qu’une fois tous les procès-verbaux entre ses mains.

Les ONG accusent depuis des mois le pouvoir d’avoir orchestré une campagne de terreur pour contraindre les Burundais à voter «oui». Ce soir, la coalition des indépendants Amizero y’Abarundi d’Agathon Rwasa dénonce des fraudes massives au cours de ce scrutin, ses mandataires ont été chassés des bureaux de vote ou arrêtés, des électeurs eux auraient été forcés à voter «oui» notamment, le parti au pouvoir parle d’exagérations.

Le non a remporté [le référendum], c’est clair, ça se voit, même dans des conditions très difficiles d’intimidations, d’arrestations, de chasse à l’homme. Le pouvoir dictatorial, avec cette Constitution qui exclut les gens, tombera un jour Pour l’opposition de Amizero, «la révolution est en marche» 18-05-2018 – Par Esdras Ndikumana

Ce soir, les résultats de certains bureaux de vote étaient déjà disponibles, mais pas de fébrilité dans l’air, car l’issue du vote ne fait aucun doute.

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