Burundi: l’opposition accuse le pouvoir de cacher le projet de Constitution

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Par RFI

Le président Pierre Nkurunziza, lors d'une cérémonie pour les 53 ans de l'indépendance du Burundi dans le stade Rwagasore de Bujumbura, le 1er juillet 2015.
© AFP PHOTO / MARCO LONGARI

Au Burundi, l’opposition et la société civile indépendante accusent le pouvoir de cacher le projet de Constitution qui sera soumis à l'approbation ou non de la population, lors du référendum du 17 mai. Et ce, alors même que la campagne électorale en vue de ce vote, qui devrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu'en 2034, est en cours.

A moins de dix jours du vote, le projet de Constitution révisé n'a pas encore été publié officiellement par le gouvernement burundais, qui élude à chaque fois toute question à ce sujet.

Une version électronique circule depuis des mois et de hauts responsables burundais ont juré de son authenticité, mais cela ne rassure guère une opposition qui n'hésite pas à accuser le régime du président Pierre Nkurunziza de vouloir par la suite sortir une version qui n'aura rien à voir avec le texte originel, sans que personne ne puisse le contester.

Les détracteurs du pouvoir burundais assurent également que tout a été fait pour donner au camp du « oui » une victoire « la plus large possible », ce que conteste Bujumbura.

La campagne des partisans du « non » entravée

Mais, depuis des mois, alors que le camp présidentiel bat campagne au grand jour, une centaine d'opposants accusés de faire campagne pour le « non » ont été arrêtés, selon l'opposition et des médias locaux. Et, depuis le début de la campagne électorale officielle il y a une semaine, ceux qui sont contre une révision de la Constitution n'ont pratiquement pas accès aux médias publics.

Par ailleurs, les deux seules radios internationales qui organisaient encore des débats contradictoires en kirundi, la langue nationale du pays, ont été suspendues.

L'opposition dénonce aussi une Commission électorale indépendante « aux ordres », qui fermerait les yeux, selon elle, devant toutes les violations du code électoral burundais.

L’opposition accuse enfin le pouvoir d'avoir mis tout en œuvre pour légitimer un référendum contesté, avec une participation massive. Ainsi, la campagne d'enregistrement a été forcée et toute personne qui va tenter de faire campagne pour l'abstention ira en prison.

Les autorités burundaises ont promis qu'ils vont bientôt réagir à toutes ces accusations

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