Bénin – Affaire Ajavon : le procureur spécial à la Criet n’a « pas d’états d’âme »

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Le procureur spécial à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Gilbert Ulrich Togbonon, répond aux questions de Jeune Afrique à propos de la condamnation de l’homme d’affaires à 20 ans de prison.


Critiquée après la condamnation de l’opposant Sébastien Ajavon pour trafic de drogue, la Criet met les points sur les « i ». Avec fermeté.

Jeune Afrique : La condamnation à 20 ans de prison de Sébastien Ajavon a suscité de nombreuses réactions. Certains ont dénoncé la partialité d’une cour qui avait permis la mise à l’écart de l’un des principaux opposants au président Talon, et dit que les juges béninois étaient aux ordres. Que répondez-vous ?

Gilbert Ulrich Togbonon : Que je ne suis pas juge mais membre du ministère public, et que mes attributions sont définies par le Code de procédure pénale. Tous ceux qui proféreront des insultes à mon endroit doivent savoir que je me réserve la possibilité, aujourd’hui ou demain, de leur demander des comptes devant les juridictions compétentes.

La Criet est compétente pour juger toutes les affaires liées au trafic de drogue

Mais si beaucoup parlent d’instrumentalisation de la justice, c’est parce qu’en 2016 Sébastien Ajavon, qui était déjà accusé de trafic de drogue, avait été relaxé pour « insuffisance de preuves » et « au bénéfice du doute »…

Cette décision avait été rendue le 4 novembre 2016. Mais le procureur général avait fait appel le 26 décembre, soit moins de deux mois après que le jugement avait été prononcé, ainsi que le prévoit l’article 518 du code de procédure pénale. La relaxe n’était donc pas définitive, et il se trouve que la Criet est compétente pour juger toutes les affaires liées au trafic de drogue.

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