Algérie : quand le Sud ne perd pas le Nord

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L’État continue d’affecter une large part de son budget aux transferts sociaux pour mieux contenir la grogne populaire. Mais à Béchar, à 1 000 km au sud-ouest d’Alger, personne n’est dupe.


Une foule compacte s’est massée, tôt le matin, en plein centre-ville, pour une distribution de lots de terrains. Un important dispositif policier est déployé devant la salle, autrefois un cinéma. Les esprits s’échauffent, car tout le monde n’a pas pu entrer. « Comment peut-on vérifier que la loterie est organisée de manière convenable ? » s’inquiète un homme.

« Les résultats des attributions seront disponibles sur internet », souligne Rahima, restée à l’extérieur. « De toute façon, les logements sont réservés aux soldats », peste un autre demandeur. La ville de 170 000 habitants compte de nombreux militaires, dont beaucoup sont originaires d’autres wilayas. Béchar prend ainsi des allures de garnison.

L’époux de Rahima est originaire de Jijel, à 300 km à l’est d’Alger. Elle, la quarantaine, vient d’Oran. À Béchar, le couple loue un « appartement délabré » pour 15 000 dinars (110 euros) par mois : « Ma fille est handicapée, normalement mon dossier devrait être prioritaire. De toute manière, même si on m’attribue un terrain, je n’ai pas d’argent pour construire. » Ces derniers mois, le chef-lieu de wilaya connaît une flambée des tensions sociales.

Des émeutes ont éclaté le jour même de la fête de l’indépendance, le 5 juillet. Les manifestants dénonçaient, pêle-mêle, le chômage, le manque de logements et les longues et répétées coupures d’eau et d’électricité, alors que les températures dépassent en cette saison les 50 °C.

Ils se sont battus à coups de poing à propos des lots de terrains et des logements »

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