Afrique du Sud: poussée de fièvre anti-migrants près de Durban

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Par RFI

Un Nigérian rassemble ses affaires après l'incendie de sa maison par des manifestants xénophobes à Pretoria, le 18 février 2017.
© REUTERS/James Oatway

On commémorait cette semaine les dix ans des violences xénophobes de 2008, dans lesquelles 62 étrangers avaient trouvé la mort et plusieurs milliers avaient été déplacés. A Durban, dans la province du Kwazulu-Natal, les tensions entre Sud-Africains et migrants se sont réveillés ces derniers jours. Une situation qui pourrait s'embraser rapidement mais que le gouvernement tente, tant bien que mal, de contenir.

Dimanche dernier, dans trois townships du nord de Durban, une association de businessmen sud-africains a posé un ultimatum aux commerçants étrangers, majoritairement somaliens et éthiopiens : fermer boutique avant le jeudi 17 mai, sous peine de représailles physiques. Selon eux, les commerçants étrangers travailleraient dans l'illégalité et contourneraient l'impôt.

Sous la pression, les diasporas éthiopiennes et somaliennes se sont réfugiées dans des commissariats de la ville, demandant la protection des autorités. Le gouverneur du Kwazulu-Natal a tenté de contenir les violences et a réussi à repousser l'ultimatum d'une semaine.

Marc Gbaffou, président de l'association African Diaspora Forum, qui représente la diaspora africaine, dénonce un climat de xénophobie persistant : « Ce n'est pas seulement contre les commerçants, c'est en général contre les étrangers au Kwazulu-Natal. Depuis plusieurs semaines, les migrants africains ont été menacés par les locaux, c'est une xénophobie montante, dans les écoles, à la police, dans les banques… En 2008, 62 migrants ont été tués, personne n'a été arrêté, jugé, condamné. »

Que se passera-t-il donc jeudi prochain ? Impossible pour l'heure d'y répondre. « On a peur que les gens aillent s'attaquer physiquement aux migrants, et les tuer », craint Marc Gbaffou.

Mais la province du Kwazulu-Natal est connue pour ses fièvres xénophobes, comme en 2015, lorsque le roi zoulou en personne avait demandé aux étrangers de plier bagages et de rentrer chez eux.

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