A-web réagit à l’affaire de la machine à voter en RDC

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Par RFI

Des agents électoraux de la Céni, la commission électorale nationale indépendante, lors de la réception de bulletins de vote à Goma (photo d'illustration).
© AFP / Simon Maina

Mis en cause pour favoritisme, A-web, l'association mondiale des commissions électorales dont le siège est basé en Corée du Sud, a décidé de réagir. Le secrétaire général de cette association, Kim-Yong Hi, est aujourd'hui accusé de toute une série de malversations, pratiques commerciales abusives, entraves aux procédures de passation de marché et violations de la loi sur les subventions en Corée, le tout lié à l'acquisition par la commission électorale congolaise d'une machine à voter fabriquée par la société coréenne Miru. Concrètement, ce dernier est soupçonné d'avoir favorisé Miru et ses machines à voter.

Pour A-web et son avocat, les accusations contre son secrétaire général ne relèvent au pire que d'erreurs administratives ou procédurales. L'association dément favoriser une entreprise en particulier. Elle dit par exemple avoir fait un appel d'offre ouvert pour acquérir en 2017 la machine à voter de Miru pour les îles Fidji.

Quand, au Congo, la Ceni parle de débourser quelque 158 millions pour 107 000 de ces machines, soit moins de 1 500 dollars l'appareil, A-web dit avoir payé 200 000 euros pour 50 machines seulement, soit 5 000 dollars, l'appareil, mais ce prix inclut aussi les logiciels et les séances de formation, précise l'association.

Même si sur les photos de l'association, les machines de Miru sont très présentes, A-web assure exposer différents types de machines lors de ses évènements et formations, pas seulement celles de l'entreprise coréenne. Elle va même jusqu'à affirmer que c'était le modèle des iles Fidji et non celui de la RDC – les machines sont les mêmes – qui était exposé lors de son assemblée générale en Roumanie fin août 2017.

Il faut dire qu'officiellement, à l'époque, ni les institutions congolaises, ni la population n'étaient informés de l'intention de la Ceni d'utiliser autre chose que des bulletins papier. Et pourtant, sur les photos de l'évènement, les bulletins de la Ceni congolaise sont clairement identifiables. On y reconnait même l'expert électoral de l'OIF pour la RDC et membre de la commission malienne, le général Sangaré, qui se souvient d'avoir été si surpris de découvrir cette machine avec ces bulletins qu'il a tenté de joindre Corneille Nangaa, le président de la Ceni.

Dans les jours qui ont suivi, la commission électorale congolaise a commencé à présenter ce qu'elle prétendait être une « invention congolaise » pour laquelle elle disait chercher jusqu'en janvier 2018 un fabricant.

L'OIF réfute tout lien avec A-web

L'OIF assure n'avoir aucun partenariat avec A-web, que le général Sangaré, son expert, y était dans le cadre de ses autres fonctions. L'organisation internationale de la Francophonie assure que lors de sa dernière visite de haut niveau en RDC, en novembre 2017, sa délégation avait conseillé à la commission électorale congolaise de faire une étude de faisabilité et un test grandeur nature de la machine à voter avec tous les acteurs politiques, avant de choisir une option qui était – à l'époque et toujours aujourd'hui – rejetée par les principaux leaders de l'opposition.

Et pour être tout à fait complet, l'entreprise Miru avait annoncé en février 2018 sur son site avoir signé un contrat avec la RDC pour une machine à écran tactile. Depuis la multiplication des critiques, notamment en provenance de Séoul, cette mention a disparu de son site.

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