40 ans après, retour sur le raid de la légion française sur Kolwezi au Zaïre

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Par RFI

Deux soldats de la Légion étrangère armés de MAT 49 lors de la bataille de Kolwezi en 1978 devant un camion GMC.
© Wikimedia/davric

Le 19 mai 1978, la légion étrangère sautait sur Kolwezi, dans ce qui s'appelait alors le Zaïre, l'actuelle RDC. L'objectif était de secourir des milliers d'Européens et d'Africains, pris au piège dans cette ville minière dont venaient de s'emparer près de 2 000 rebelles katangais, soutenus par l'Angola et le bloc de l'Est. Livrée aux « gendarmes katangais », comme ils étaient surnommés, la population avait vécu des massacres, et les capitales occidentales redoutaient des exécutions à plus grande échelle encore. La France lança donc une « opération éclair » pour reprendre la ville, où était établie la Gécamines, la principale société minière du pays, pour laquelle travaillaient de nombreux techniciens et coopérants étrangers.

Paris choisi d'engager un régiment d'élite, le 2e REP (Régiment étranger de parachutistes) de Calvi, sollicita l'aide logistique de Washington et s'appuya aussi sur certains moyens militaires zaïrois, pour monter une opération aéroportée (AOP) très audacieuse, à 5 000 kilomètres de la France. Le raid sur Kolwezi, c'est tout d'abord l'intervention française qui a redoré le blason des parachutistes, longtemps associés à la guerre d'Algérie à la défaite de Diên Biên Phu. Il a aussi marqué la détermination politique de la France alors que jusqu'au bout la Belgique a cru qu'il serait possible de négocier avec les rebelles.

L'opération «Bonite» n'a pas duré plus d'un mois et les premières heures ont été déterminantes. L'assaut était basé sur l'audace et la rapidité. Une première vague de seulement 380 hommes a sauté sans protection aérienne et sans antenne médicale. Les paras français emportent peu de munitions et n'ont pas de gilet pare-balles, mais les légionnaires sont très entrainés.

Pour gagner du poids, l'état-major a choisi de récupérer des parachutes stockés sur place. Les avions sont des Transall français et surtout des C-130 aux couleurs du Zaïre. A l'époque Paris maintenait une mission d'assistance permanente à Kinshasa, formant et encadrant directement les paras zaïrois. Cette mission connaissait bien les forces et les faiblesses de l'armée du maréchal Mubutu.

Le 19, dans l'après-midi, les légionnaires attaquent près de l'ancien aéroclub de Kolwezi, alors que les Katangais les attendaient plus au Sud. Les combats sont violents, mais les rebelles sont désorganisés et doivent quitter la ville. Au final, si 2000 Européens ont pu être évacués, environ 120 sont considérés comme morts ou disparus ainsi que 500 Zaïrois.

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